Pea Punch, feu de recul et antibrouillard de série


Sur les conseils avisés de Zedrine (Dum Spiro) je me suis penché sur le nouveau projet de Paul aka Cyclic qui sévissait en tant que slameur au sein d’Enterré sous X.

Je fais donc connaissance avec Pea Punch via leur premier clip bien loin des contes de fées et des princesses. Ass in Fog  nous plonge dans un univers obscur et si tristement d’actualité : la radicalisation idéologique et religieuse et les conséquences de cet embrigadement sur son entourage.

Côté musique, Paul a délaissé son spok’n roll et ses mots démontés pour un son rugueux et des textes sans concession. Reflet de ses influences anglosaxones, le quatuor nous offre un cocktail puisant aussi bien dans le trip hop, le rock ou le hip hop; des bricolages sonores terriblement efficaces pour une ambiance à la fois sombre et groovy.

Reste plus quà attendre leur 1er album prévu en numérique pour la fin du mois.

Julien


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POUR EN SAVOIR PLUS :

Un 1er clip filmé comme un court métrage qui prend pour thème la radicalisation, un thème d’actualité, tu peux m’en dire plus sur ce choix et sur le tournage du clip?

Le choix de ce thème s’est fait de lui même. Comme tu le dis c’est d’actualité, et ayant reçu moi même une éducation religieuse, j’ai toujours été fasciné par cette propension de l’Homme à utiliser la religion pour commettre les pires horreurs. A tel point que je me suis éloigné complètement de tout ça. La religion m’a aidé à devenir profondément athée. Le morceau Ass in fog ne parle pas seulement de religion, et pas directement de radicalisation. Il s’agit plus d’embrigadement social, médiatique, éducatif et religieux. Une phrase de ce morceau résume très bien le clip: « I don’t want to finish on a ring when the fight is useless » (Je ne veux pas finir sur un ring, quand le combat est inutile.)
Ce qu’on a voulu filmer avec Mathieu, c’est exactement ça, ce nombre de combats inutiles qu’on nous pousse à mener en prétextant que c’est le passage obligé pour devenir un Homme, un bon croyant, un citoyen modèle, un bon soldat. Ce boxeur avec une télé sur la tête symbolise tout ça. Concernant le tournage, ça s’est fait grâce à une équipe fantastique. On n’avait pas de tunes mais 40 personnes super motivées et ultra compétentes. Des potes qui sont venus faire leur métier gratuitement car ils croyaient au projet. Je suis fier de clip, surtout pour ça.

On t’a connu slameur au sein d’Enterré sous X, on te découvre ici chantant en anglais et on retrouve toujours des textes aiguisés, mais pourquoi ce virage?

J’avais besoin de revenir à mes premières amours, j’ai commencé en chantant tout seul avec ma gratte dans les rades d’Angoulême. Je chantais en Anglais, et je composais. Dans mes groupes précédents on me poussait à chanter en français, mais je n’y trouvais pas mon compte.. Le slam était pour moi une mine d’or sur la manière d’écrire des textes, sans qu’il sonnent chanson ou rap. Et je trouvais qu’il y avait beaucoup à creuser. J’ai adoré l’expérience avec Enterré Sous X, mais cette aventure m’a usé, et je ne ne m’y retrouvais plus. J’étais sec sur mon envie d’écrire. Je pense que je rechanterai en français sur d’autres projets, mais, Pea Punch, c’est le virage que j’avais besoin de prendre, pour me retrouver, retrouver la composition et le chant, et ce au risque de surprendre les gens, car vu qu’on me pose très souvent cette question, plus d’un a du être surpris.

Vous avez lancé une campagne de financement pour le projet « Album Hotel » qui n’a pas atteint les objectifs, quel était ce projet et est il toujours d’actu?

C’était un rêve un peu fou, on voulait créer un hôtel virtuel, un genre de site géant, avec dans chaque chambre de l’hôtel, un groupe, un artiste. Chaque artiste aurait eu sa chambre avec à l’intérieur d’autres portes qui aurait mené sur d’autres pièces et dans lesquelles on aurait pu découvrir son univers. Un live, une info un court métrage… tout était possible. On voulait se rassembler comme un collectif d’artistes, avec une certaine éthique et une charte morale. Créer une sorte de Label autogéré. Et associé à tout ça, créer des événements lives autour du concept. On a lancé la campagne juste avant les attentats de Charlie… Autant te dire que c’était un peu délicat d’aller fédérer les gens autour du projet. On se le garde dans un coin de tête et on espère le relancer un jour…