Clozee : « Toulouse, la 2e capitale de la musique électronique en France »

Avant son concert aux auditions régionales des Inouïs, on a rencontré Clozee. Productrice de musique électronique et musicienne à part entière, Clozee est la digne représentante d’une nouvelle vague de jeunes artistes décomplexés qui s’approprient de la musique du ade au glitch pour en faire des productions aussi riches qu’entrainantes. A cette occasion, on a parlé de son actu, de ses influences et de ses performances live…

Salut Clozee, tu viens de Toulouse et tu as commencé la musique dans une formation Jazz/Funk. Comment en es-tu venue au glitch hop et à la musique électronique en général ? Quelles sont très principales influences ?

J’ai commencé à m’intéresser à ce style grâce à des artistes que j’adorais : EdIT, Bonobo, Amon Tobine, qui m’ont grave inspirée et m’ont donné l’envie de faire de la musique électronique. Après, j’ai voulu dans mes premières compos, utiliser la guitare classique, qui est mon instrument de prédilection. J’ai aussi été influencée par The Glitch Mob pour le côté Glitch qui tabasse un peu plus mais en même temps dansant. J’adore les grosses basses ! (rires)

Pour ceux qui ne t’ont jamais vu, dont on fait encore partie pour quelques minutes, ça donne quoi en live ?

C’est difficile de se décrocher du matos sachant qu’il y a toujours quelque chose à faire. En tout cas, dans ma config(, j’ai à la fois des pads, le contrôleur, et des petits pads pour lancer des samples. J’ai aussi ma guitare. Bon, après je bouge mais en restant toujours près de mes machines. Depuis deux mois j’ai une violoniste, Camille, qui m’accompagne pour apporter plus de vivant et de couleurs.

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Dans ton dernière EP, Revolution, il y a beaucoup de musique du monde et asiatiques comme le fait Fakear : Une inspiration ?

Fakear, j’aime beaucoup. Après c’est pas celui qui m’a influencée le plus. J’avais déjà commencé ce style de musique avant qu’il explose au grand public. J’étais déjà attirée par ce côté un peu Bonobo, Flume…

Les artworks de tes EP sont très beaux, riches et inspirés. C’est ta2189042422_10oi qui les fais ?

Non, en fait, les artworks de mes EP sont réalisés par Luisa, Lulu Swallow. Elle a réalisé celui pour Inner Peace, Revolution et The Poetic assassin.

 

Une tournée à l’international arrive à l’occasion du Revolution Tour, ainsi que de gros festivals avec des artistes qui t’ont influencée comme Bonobo que tu évoquais. Tu l’appréhendes comment ?

J’ai juste trop hâte finalement ! Avant j’avais ce côté stress : « qu’est-ce que je vais faire sur scène », maintenant c’est plus  » j’ai hâte d’y être et de présenter le truc le plus travaillé que je puisse faire et que je donne tout ». Avant, j’étais vraiment flippée. Quand j’ai fait la première partie de Bonobo, j’en pouvais plus, j’avais vraiment peur… Depuis ça s’est transformé en une vraie excitation et en hâte !

Tu t’es associée à Gravitas Recording pour ton dernier Ep. Pourquoi choisir un label américain ?

C’est pas moi qui les ai contactés à l’origine. J’ai participé à un concours de re-mix pour Mr Bill et présenté par Gravitas, où je suis arrivée deuxième. Du coup, ils m’ont repérée et m’ont proposé de sortir quelque chose chez eux. Je les connaissais pas vraiment plus que ça mais après la sortie de The Poetic Assassin, qui a très bien marché, on a décidé de continuer à bosser ensemble. En plus, l’équipe est très sympa et passionnée donc ça facilite les choses. Maintenant c’est officiellement mon label.

Ils sont à l’international ?

C’est un label Texan. Après, il n’y a pas beaucoup d’artistes non américains chez eux mais ils brassent beaucoup de styles dans la musique électronique et il est bien réputé.

Tu a aussi bossé avec Otodayo, pourquoi ce choix ? Car le label a des artistes dans un style trap, DNB, Dubstep. Un peu éloigné du tiens.

En fait, c’est eux qui m’ont contactée directement. Après, mon style dénote un peu c’est vrai parce qu’il est un peu plus Chill alors que les artistes du label sont plus Trap, Hybride Trap, Futur Bass. Mais j’aime beaucoup Tha Trickaz qui a fondé ce label. Donc quand ils m’ont contactée, je me suis dis pourquoi pas.

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En live tu es plutôt dj set ou live set à la MPC et aux instrus ?

En fait, ça dépend de la soirée. Parfois je me sens pas de jouer que des tracks à moi parce qu’elles sont trop Chill, trop posées. Quand il y a des soirées où il faut que j’envoie un peu le pâté, j’hésite pas à balancer les tracks d’autres artistes. Aussi parce que je les adore et ça permet de moduler le set et de s’adapter plus au style de soirée. Si je balance toujours le même set je ne suis pas sûre que ça marcherait.

Du coup tu nous a préparé quoi pour ce soir ?

Ce soir c’est live set, je présente ma musique et je raconte une histoire. Là je peux me le permettre. Quand il y a des soirées en mode club qui vont finir à 6h du mat, tu ne peux pas te permettre de faire un set Trip Hop ou Ambiant. Les gens ils vont s’endormir quoi. Ils sont là pour sauter, sauter et sauter ! (rires)

Pourquoi travailler avec Scarfinger, qu’est-ce qui t’as encouragée à vous associer ?

Il m’avait contactée parce qu’il avait bien aimé mes morceaux. Il m’a découverte sur une page créée pour avoir ma première date en tant que DJ dans un club. A la suite de ça on s’est rencontré, j’ai amené ma guitare, lui sa MPC et on a fait un bœuf. Ca a bien marché et on s’est dit que ça pouvait être cool de faire un track original en collab’. En plus, on a les même goûts musicaux donc ça a collé parfaitement !

Ta musique est en téléchargement libre et gratuit, pourquoi cette démarche ?

Cette démarche je l’ai faite pour que les gens aient le choix soit d’acheter soit de télécharger gratuitement. Cela permet de découvrir librement ma musique. Certaines personnes aiment soutenir financièrement les artistes mais d’autres n’ont pas forcément de moyens. Moi même en tant qu’auditrice et fan de musique, j’aime bien avoir le choix de soit donner, quand je trouve quelque chose de bon, soit de télécharger gratuitement quand il n’y a des périodes où c’est un peu plus difficile. Après bien évidement ça tourne mieux quand c’est en free download. ça se voit direct.

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Et faire un support physique, type CD, Vinyle, ça t’intéresse à l’avenir ? Ou tu trouves ça obsolète pour la musique électronique ?

Non absolument pas, on m’en demande régulièrement d’ailleurs. Il y a beaucoup de gens qui utilisent encore les supports physiques pour les écouter dans les bagnoles ou autres. Les gens ça leur rappelle le concert. Alors, oui c’est vraiment quelque chose que j’aimerais faire à l’avenir. Les gens n’ont pas toujours la curiosité d’aller voir après un concert un artiste sur internet, aller télécharger des trucs. Certains ne savent pas comment ça marche donc la galette c’est facile quoi.

Toi qui viens de Toulouse, comment vois-tu la scène musicale Toulousaine actuellement et comment tu la vois évoluer ?

Moi je connais plus le domaine de la musique électronique, c’est le domaine que je vois le plus évoluer autour de moi. Je trouve que c’est une scène très dynamique avec de très bons artistes. Je la vois un peu comme la deuxième capitale de la musique électronique en France. Beaucoup d’artistes émergent et tentent des trucs intéressants. Après au niveau, des autres scènes je pourrais pas te dire.

Des artistes à nous faire découvrir, des coups de cœur, des groupes dans le même style ?

J’adore Nowadays Records : Everydayz & Phazz, La Fine Equipe mais aussi Maximus MMC & Fab qui ont fait un EP sublime que j’ai adoré. Il y a aussi une copine de la Rochelle 18h15 qui est très talentueuse dans le style Trip Hop, Ambiant, musique du monde.

Merci beaucoup Clozee, bon concert et bonne chance pour ton Revolution Tour !

Nicolas