Mr Crock : « On veut bien faire, que ça prenne 5 ans ou 10 ans, on sera toujours là »

Mr Crock était de passage à Toulouse, pour la première partie de The Shoes. Toulouse Acoustics en a profité pour tourner une session acoustique, et nous une interview ! Nous avons rencontré Christelle et Walter, deux membres de ce groupe venu tout droit de la capitale : l’occasion de revenir sur le chemin parcouru par Mr Crock et d’aborder leur troisième EP, Exotic Pilgrimage.

Bonjour Mr Crock. On vous rencontre aujourd’hui avant votre concert au Bikini en première partie de The Shoes. Est-ce que c’est votre première à Toulouse ?

Christelle : Oui, c’est notre première à Toulouse. Hier c’était notre première à Bordeaux aussi. On nous a dit que du bien du Sud et notamment du Bikini donc on a super hâte de jouer dans cette salle et de rencontrer les Toulousains. On nous a fait un teasing assez particulier et cette salle et de ce public donc on est ultra chauds !

Et qu’est-ce qu’on vous en a dit ?

Walter : Beaucoup de mal (rires).

Christelle : On nous a beaucoup parlé de la nourriture au Bikini, apparemment c’est super bon (rires). Et le son de la salle aussi, c’est plutôt un luxe parce qu’on vient en formation très chargée : batterie, basse, guitare…on a pas mal de choses. On a vraiment trop hâte.

L’année dernière vous étiez au Printemps de Bourges, est-ce que cette scène a été un tournant pour vous ?

Christelle : Oui, on y était avec Pression Live. C’était assez magique pour nous, c’est vraiment, vraiment incroyable. Chaque scène c’est une marche en plus dans notre parcours mais c’est vrai que le Printemps de Bourges c’était un moyen de rencontrer un nouveau public : personne ne nous connaissait, il y avait pas mal de monde, on a rencontré plein de journalistes, les gens étaient réceptifs. On s’est éclatés, c’était assez fat.

Walter : C’était notre deuxième gros festival. Y’a eu Les Francopholies et Le Printemps de Bourges, Bourges était plutôt mieux réussi que Les Francos donc on était assez contents.

Et c’est qui Mr Crock ?

Christelle : L’histoire du nom Mr Crock c’est une de nos premières compositions il y a 5 ans (à écouter ici). C’est une musique de Walter qui parle d’un personnage à double facette, on la chantait en ouverture de concert. A la base en anglais ça veut dire malfrat. C’est une coquille de l’anglais. On avait déjà choisi le nom du groupe, on s’était identifiés et voilà ça fait partie de notre histoire.


Vous êtes un groupe de 5, comment vous êtes-vous rencontrés ?

Christelle : On s’est d’abord rencontrés avec Walter, on avait déjà des compositions respectivement, qu’on a voulu réunir avec d’autres musiciens pour commencer à faire de petites scènes. Une semaine avant le show on s’est réunis tous les 5 pour commencer à arranger ces compositions et c’est allé très vite, après, on a commencé à composer tous ensemble. C’était assez spontané.

Walter : Je vais répéter une phrase que dit souvent Christelle : le projet musical il était spontané et il s’est véritablement créé sur scène donc c’est aussi ça la magie du projet à mon sens, c’est qu’il n’a pas été du tout réfléchi, il s’est vraiment fait sur le moment. C’est notre manière de fonctionner jusqu’à maintenant et on y tient beaucoup.

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Vous travaillez en indé ou des structures vous accompagnent ?

Christelle : On fait tout de notre côté. On a Brian Colin, notre manager, qui s’occupe de nous depuis deux ans maintenant. Il nous a filé un gros coup de pouce. Après on a enregistré 3 EP. Le premier était autoproduit, le deuxième aussi grâce au crowfunding et le troisième c’était l’un des lots de la récompense d’un festival qu’on a fait avec Pression Live. On est assez indépendant mais petit à petit on réunit des équipes qui font partie de la famille, du projet, que ce soit des potes ou quoi, on réunit petit à petit des pros autour de nous pour construire un projet plutôt familial et solide, au feeling.

Justement, depuis votre premier EP en 2011 comment qualifieriez-vous votre évolution ?

Walter : Bonne question (rires). On prend notre temps mais d’un autre coté on sait qu’il y a beaucoup de concurrence et qu’il faut aller assez vite. Mais on veut en tout cas bien faire, que ça prenne 5 ans ou 10 ans, on sera toujours là.

Christelle : On a grandi ensemble artistiquement. On a commencé à jouer ensemble il y a 5 ans et l’évolution c’est l’évolution musicale de chacun d’entre nous. On a vraiment grandi ensemble.

Et sur ce dernier EP, vous avez une chanson coup de cœur ?

Walter : Tout le monde a sa petite préférée. C’est ça qui fait la beauté du projet, le fait qu’on arrive à réunir toutes nos influences. On arrive à unifier et rendre uniforme tout ça avec des avis et des influences différentes.

Moi c’est, En silence, la musique en français. Parce qu’on n’en a fait que deux, la deuxième, Contrôle, est sur Aphrodesis. En silence, pour moi, c’est la plus aboutie dans le sens où on s’est vraiment penchés sur les paroles, on avait vraiment quelques chose à dire et de plus en plus, personnellement, ça a plus de sens pour moi de vouloir faire de la musique pour dire quelque chose. Même au niveau du son, de ce qu’on a foutu dans nos compositions, c’est cool.

Christelle : Moi ça serait plutôt Please Mama pour le coté énergie scénique. Elle est un peu différente des autres : elle est un peu plus rock, guitare saturée, percussions. On n’a pas ça sur les autres et scéniquement c’est plutôt un défouloir.

Walter : En silence c’est plus l’émotion, Please Mama c’est plus le coté show, live, percu et tout. Je vais revenir sur ma réponse, Please Mama aussi un petit peu (rires).

Avez-vous de grands évènements de prévus pour cette nouvelle année ?

Christelle : Les premières parties de The Shoes, qu’on attendait et on est super contents. Sinon on est en train de travailler sur un nouvel EP, entièrement en français. On veut prendre le temps de le faire, encore une fois, d’évoluer artistiquement dans les sons, dans les compositions, dans nos goûts etc. Donc on va prendre un peu le temps de faire ça cette année puis les lives, toujours les lives et on verra ce qui se passe. On surf un petit peu, on attend de voir s’il y a des choses qui se passent.

Vous allez jouer une session acoustique avec nos copains de Toulouse Acoustics, avez-vous une préférence entre l’acoustique et l’amplifié ?

Christelle : L’acoustique c’était plutôt difficile pour nous au départ parce qu’il fallait vraiment revisiter les morceaux. On est à nu en acoustique et c’est un autre travail. Au fur et à mesure, on y a un peu pris goût. C’est vraiment quelque chose qui peut mettre en valeur nos voix. A l’origine, le groupe était quand même un peu plus acoustique. C’est après qu’on a rajouté les synthés, la basse, les choses un peu plus électro.

On en vient aux deux questions habituelles. Si vous aviez carte blanche pour organiser un festival, comment se déroulerait-il ?

Les deux en chœur : Déjà à La Nouvelle Orléans, c’est classe non ? Et là on programme des groupe éclectiques, pas de rock en scène, que du rock, festival ou du jazz. On fait une pluralité des genres : du rock à fond évidemment, du jazz… Je pense qu’on ferait un truc qui réunirait nos univers musicaux à chacun. On est 5, il y aurait de tout. Ça serait difficile parce que, du coup, ça ne se fait pas trop mais ça serait cool de voir tous ces genres mélangés. Il y aurait Balthazar, Tame Inpala…

Et enfin, avez-vous un artiste ou un groupe à nous faire découvrir ?

Walter : Moi en 2014, j’ai eu un gros coup de cœur c’est Darkside, le projet de Nicolas Jaar avec le guitariste Dave Harrigton. Pour moi, c’est le meilleur album de 2014. J’ai adoré parce qu’ils proposent un univers vraiment affirmé et quand t’écoutes l’album, tu entres dans un monde féerique avec des sons électroniques de partout et les mecs racontent vraiment une histoire. C’est super dommage qu’ils ne soient plus ensemble, c’était juste spontané mais en tout cas c’est un album qui m’a beaucoup inspiré.

Christelle : Moi c’est un peu insupportable, j’ai une obsession pour un groupe (rires) qui s’appelle Balthazar. J’adore la batterie -basse surtout dans le premier album. Ils ont quatre voix, ils chantent ensemble et c’est de super bons musiciens. Ça m’inspire beaucoup sur le travail qu’on a à faire sur les voix et pour le coté performance, jouer son instrument en chantant.

Merci à vous, et à bientôt pour découvrir votre prochain EP.


Camille