The Marshals : « On est assez simple sur scène, comme dans la vie de tous les jours »

À loccasion dun passage à Toulouse, nous avons rencontré Julien, guitariste et chanteur du groupe The Marshals, originaire de Moulins. Ce trio à la guitare rock façon Black Keys, aux accents blues de La Nouvelle-Orléans et à la voix chaude et réconfortante, nous projette dans une ambiance douce, électrique. Loccasion de mieux connaître cette formation, son actualité et ses projets.

Bonjour Julien. Raconte-nous comment s’est créé The Marshals et dis nous pourquoi ce nom?

La formation s’est créée sur la base de différents groupes existant auparavant, ayant splitté. On s’est retrouvé à deux avec Thomas le batteur et on a commencé à jouer pour le plaisir et rapidement on a commencé à composer. C’était fin 2009 et on a fait notre premier concert en 2010. Pourquoi ce nom ? On voulait quelque chose d’autoritaire, qui nous fasse rigoler. On avait pensé aux Shérifs, mais c’était déjà pris par un groupe de punk (rires). Du coup on a pensé à The Marshals, en référence aux USA et au grade militaire.

Quelles sont vos influences ? On pense directement aux Black Keys, avec votre son et votre formation originale guitare-batterie…

Oui, c’est surtout les mêmes influences que les Black Keys avaient au début. Vraiment le vieux blues des années 40, 50. Le côté blues électrique. Après Thomas, le batteur, a des influences un peu plus modernes, un peu plus rock. Laurent, l’harmoniciste qui nous a rejoint depuis un an, est très ouvert et écoute de tout, mais est quand même très influencé blues rock.

Votre deuxième album était beaucoup plus tourné blues rock. Le dernier bien plus blues, à lancienne, pourquoi ce changement et pourquoi avoir ajouté l’harmonica ?

Avec l’arrivée de l’harmonica, on a posé les tempos. C’est arrivé naturellement : en faisant un boeuf ensemble on en a ressorti un style plus blues, plus calme. On a tout travaillé à l’instinct. Les prochaines compositions seront cependant plus rock entre guillemets, elles vont envoyer un petit peu plus. On compose en permanence.

En parlant de votre nouvel album, pourquoi cette pochette un petit peu « gore » ? 

Cover front - The Marshals - AYMF Session(Rires) On le voit bien le cochon ! En fait c’est une photo de Thomas quand il était enfant. C’est une vieille photo de famille, à la campagne, devant chez ses grands-parents, le jour où ils ont tué le cochon. Un jour il m’a montré la photo et on s’est tout de suite dit qu’il faudrait qu’on l’utilise en visuel ! Notre but c’était de rendre un peu perplexe, que les gens s’arrêtent dessus, que ça les interpelle. On n’a pas eu trop de mauvais retour en tout cas.

Vous reprenez Crosstown Trafic de Jimi Hendrix et ladaptez habilement à votre sauce, pourquoi cette chanson ?

Un jour on était en répét’ en train de boeufer, on faisait tourner un plan, on cherchait une mélodie et sur un changement, je me suis mis à chanter le refrain de Crosstown Trafic et c’est bien passé. On sait dit « pourquoi pas ? ». On a changé l’arrangement original et on a gardé la mélodie et le thème d’intro à l’harmonica. La mélodie au chant est un peu similaire, mais on a vraiment cherché à faire un truc à notre sauce comme tu dis, du coup pas mal de gens ne la reconnaissaient pas à la première écoute.

Vous avez rejoint la maison de disque Freemount Record qui revendique le fait de faire encore et toujours des disques et des vinyles. Cest une envie commune d’être sur support vinyle, vous préférez garder les supports physiques à lheure du tout numérique ?

Oui, on aime vraiment les disques ! On a toujours voulu faire des CD avant et puis c’est toujours moins cher que des vinyles. Les vinyles restent super chers à produire ! Mais on voulait faire un vrai disque, avoir un vrai disque dans les mains. On a fait ça pour le plaisir vraiment de sortir un vinyle. Si on peut on voudrait renouveler l’expérience à chaque fois !

Pour ceux qui ne vous ont jamais vu, dont on fait partie, The Marshals ça donne quoi en live ? Et quand vous verra-t-on sur une scène toulousaine ?

On est assez simple sur scène, on est comme dans la vie de tous les jours. On cherche à avoir un échange simple et direct et mettre en avant réellement la musique plus que des personnalités. On veut partager un moment, prendre du plaisir, sourire. On nous dit souvent qu’on sourit en jouant et que ça fait du bien de voir des gens qui se font plaisir sur scène. La simplicité, quelque chose d’humain. Concernant une scène toulousaine, on aimerait bien, on est en train de chercher ! On n’a jamais joué à Toulouse en plus. Je suis passé chez le disquaire Made in Jazz (chez qui le disque est en vente, où sur le site du label freemountrecords.com), qui essaye de voir pour faire des concerts orientés blues sur Toulouse dans l’année qui arrive.

Le dernier album (AYMF Session) vient de sortir, on imagine qu’il y a des dates de prévues ?

On a quelques dates, mais pas de tournée. Les deux autres membres du groupe ont un travail à côté, ce n’est pas possible. Nous ce qu’on aimerait arriver à faire, c’est réussir à produire une quinzaine de dates dans l’année. Des trucs sympas, des vraies scènes, éviter les bars. On cherche vraiment à jouer dans des endroits adaptés à l’écoute musicale, avec un certain confort pour l’auditeur, où on peut mettre en avant juste notre musique. Du coup, on sort un peu de l’Auvergne avec des dates prévues à Paris, Reims, dans l’Est aussi. On est en train de caler les choses.

Vous travaillez déjà à un nouvel opus ?

On n’a rien d’arrêté pour le moment, le dernier est sorti fin décembre, donc le prochain sortira sûrement début de l’année prochaine. On bosse sur des morceaux actuellement, mais rien n’est défini à part le fait que le style sera résolument plus rock que l’ancien.

Vos deux derniers opus contiennent 7 morceaux chacun, cest voulu ?1234639_621576227864081_1250119375_n

Oui, disons qu’une fois qu’on a un nombre de morceaux cohérents et qui ont été établis sur la même période on les enregistre. C’est pour ça qu’on garde le principe de les appeler « sessions », ça photographie une courte période de ce qu’on a fait. En plus on enregistre tout en live, on cherche à garder une certaine énergie surtout pour ce style de musique : on enregistre tout d’un coup et on garde une prise complète à chaque fois. Le but c’est que ça sonne le plus direct possible. On enregistre tout dans notre studio, nous-mêmes on fait tout en auto production.

Pourquoi avoir rejoint Freemount Record alors ?

Ils aimaient bien notre travail et puis on trouvait sympa d’être au démarrage d’un label. Ils nous aident principalement pour notre promo, et puis ça fait plaisir d’avoir des personnes qui s’occupe du groupe avec nous !

Vous avez un endroit idéal où vous voudriez jouer ? Par exemple un café blues à la Nouvelle Orléans ?

Oui, la Louisiane ça pourrait être cool, après on n’a pas vraiment d’endroit en particulier. Juste les conditions d’écoute principalement. On peut jouer n’importe où dans le monde, ce n’est pas notre souci.

Dans un festival idéal avec qui partagerez-vous l’affiche ?

Déjà on aimerait jouer dans un bon festival de blues en France ou à l’étranger. On a quelques touches pour l’année prochaine. Grâce à une association de blues de Clermont-Ferrand. On cherche à avoir une écoute un peu ciblée, ça serait cool. Mais c’est compliqué parce que c’est un milieu assez fermé, comme le milieu du jazz par exemple, entre guillemets : pointu et élitiste. Faire trois, quatre dates dans des festivals de ce type pour nous ce serait le rêve. Dans ce genre de festivals on aimerait partager l’affiche avec quelqu’un de vivant, ce serait mieux (rires). Bror Gunnar Jansson, il fait du blues bien Roots tout seul. C’est vraiment de la qualité et ça serait cool qu’il passe sur Toulouse pour jouer avec lui du coup. On aimerait vraiment jouer avec des groupes de qualité qui font leur propre blues en fait. Mais l’idéal je pense que, comme tout le monde, ce serait Hendrix (rires), même si ce n’est pas trop notre style. Juste pour le principe !

Des artistes à nous faire découvrir, des coups de cœur, des groupes dans le même style ?

Oui, Bror Gunnar Jansson donc, mais aussi Catfish avec qui on a déjà joué. C’est un groupe français, de grande qualité, surtout en live. Les deux sont un peu dans le même style, avec un son un peu « crade », un son primitif à l’ancienne.

Merci The Marshals et on espère vous voir vite sur la scène Toulousaine !

 

Nicolas