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J|L : « Sur scène c’est tellement intense ce qu’on ressent »

Si vous lisez Opus depuis plusieurs années, J|L n’est pas un nom inconnu. On suit ce projet pop-électro toulousain depuis plusieurs années. 2019 marque une nouvelle étape pour le groupe qui sort  son premier EP le 24 mai : L’oeil doux. On a rencontré Juliette, chanteuse à l’origine de JL pour en savoir un peu plus sur ce projet et sa release party le 7 juin 2019 au Connexion Live.


Bonjour Juliette ! Tu es la chanteuse de J|L. Peux-tu nous dire comment est né le projet ? 

En 2014 j’ai voulu rassembler des musiciens autour de mes textes et de mes envies musicales donc je suis allée à leur rencontre!

On a vu évoluer le projet depuis ses débuts. On a été séduits par l’arrivée d’une harpe! Tu peux nous en dire plus sur l’association de cet instrument à une musique pop ? 

Je pense que c’est une association complètement folle! En fait c’est le batteur Jessy qui a commencé à travailler avec Pauline sur un autre projet. Et c’est là que j’ai dit « han mais ça serait génial si elle jouait avec nous ! ». Parfois c’est une galère: déjà c’est imposant et faut porter 40kg!! Puis on a eu beaucoup de mal à la sonoriser au début, mais finalement la harpe a su trouver la place qu’elle méritait.

Aujourd’hui, vous venez d’enregistrer un EP, l’Oeil doux. Heureuse du résultat ? 

Oui d’abord les chansons sont toutes des morceaux que j’affectionnais particulièrement. Et puis j’ai été ravie du travail de Léo Bouloumie en arrangements, ils ont vraiment emmené cette petit touche moderne. Le studio avec Serge Faubert était une étape fantastique, il est vraiment passionné, donc il a a coeur de prendre part aux arrangements, d’être exigent, et puis c’est toujours dans la joie et la bonne humeur et niveau mix y a rien à dire…

Et puis l’étape finale du mastering chez Globe Audio, c’etait un moment magique, où on a vraiment fini de donner leur couleur aux morceaux.

J’aime chacun de ces morceaux.

Pour avoir écouté cet enregistrement, on y entend deux facettes de J|L. Une qu’on qualifiera de douceur, qu’elle soit musicale ou dans la poésie des mots. Et une autre légèrement électro. Douceur électro ça te va comme description musicale ?

Ahah oui ça me va! Pas pour rien que j’ai une montgolfière accrochée à une encre tatouée sur le bras. Vive les paradoxes!

« Le financement participatif ? ça rend incroyablement heureux de se sentir soutenus et portés dans son projet »

Cet enregistrement a été rendu possible avec un financement participatif. Comment on vit cette étape en tant qu’artiste ? 

D’abord c’est une énorme pression. On connaît la somme dont on a besoin et on se dit « mais c’est pas possible on va jamais réussir à réunir cette somme… » mais on est fous, alors on y va quand même! Et puis quand on voit qu’on a dépassé l’objectif, ça rend incroyablement heureux de se sentir soutenus et portés dans son projet. Et puis on commence à un peu mieux dormir la nuit.


L’actu de J|L c’est la release party de cet EP le 7 juin au Connexion Live. Hâte de jouer ces morceaux en live ? 

Ouais, il me tarde vraiment. J’adore la création, le studio et tout, mais sur scène c’est tellement intense ce qu’on ressent.. Et puis on sait pas à l’avance de quoi seront chargées nos émotions, ça dépend vraiment du moment! Je fais aussi du théâtre, justement parce que j’ai soif de scène, de ces moments où on vit juste le truc à fond sans que plus rien n’existe autour.

On doit s’attendre à quelques surprises ? 

Des surprises? Je ne dirai mot.

L’oeil doux, c’est aussi le titre de ce très joli clip sorti il y a quelques jours. Que raconte ce titre et pourquoi c’est lui qui nomme l’enregistrement ? 

Il parle des angoisses nocturnes en fait. A cause d’un chagrin d’amour. Et depuis de la peur de laisser le soleil partir pour laisser place à la nuit.

Je suis une amoureuse du soleil moi. Tous les jours il se couche et se lève différemment, mais au même endroit. Il régit un peu nos vies à tous. Donc je le vois comme quelque chose de doux et de chaud, de rassurant.

J’ai eu un très joli coup de coeur à l’écoute d’Amsterdam. Le morceau est composé là-bas ? 

J’ai écrit Amsterdam là-bas effectivement, le dernier soir avant mon départ. Je l’ai commencé dans les notes de mon téléphone, assise contre la fenêtre de ma chambre d’hôtel qui donnait sur les toits, puis je suis allée me coucher, j’ai repris mon téléphone et j’ai continué. Ensuite j’ai réussi à trouver le sommeil. Et le lendemain j’ai terminé de l’écrire en attendant mon avion à l’aéroport…

Pour revenir à la release, il y aura Prattseul en première partie. Comment s’est faite la rencontre ? 

Lorsque s’est posée la question de la première partie, un certain Remy m’a fait découvrir quelques artistes toulousains. J’ai adoré le clip de Prattseul et j’ai trouvé sa chanson très « cool » donc je lui ai proposé d’être de la party!

On en vient aux questions rituelles chez Opus. Si tu organises ton festival idéal, il se passe où et tu fais jouer qui ? 

Il se passe soit au Cap-Ferret à Piraillan, soit en Ardèche à Labeaume, deux lieux qui me sont très chers et qui figurent d’ailleurs dans le clip.

Je fais jouer Soko, Izia, Cage The Elephant, James Blake, Oxmo Puccino, Patti Smith, Alain Souchon, Sophie Hunger, Lucy Rose, Mai Lan, Mamoiselle K, Maxime Le Forestier, The Do, Xavier Rudd, Chilly Gonzales, Vanessa Paradis, AlunaGeoge… Bref un truc énorme sur la plage, complètement éclectique avec plein de meufs talentueuses.

Et pour finir, si tu voulais nous faire découvrir 2 ou 3 projets ? 

Allez écouter Ex:Re l’album solo d’Elena Tonra qui viendra aussi jouer à mon festival sur la plage, et puis Happiness de Cheveu, et Everyday de Bumcello parce que c’est délire.

Merci Juliette, bravo pour ce clip et cet EP. On se retrouve le 7 juin au Connexion Live !

Rémy
crédit photos @remysirieix

Interview Connexion Live : « A coeur de refaire des productions en notre nom »

Le 7 décembre 2017, le Connexion Live accueille Holy Two et The Seventeen ! Une date un peu plus particulière que les autres cette année puisqu’elle marque le retour de la salle de Gabriel Péri en tant que producteur de concerts ! Rencontre avec Justine Miozzo et Camille Chiso, deux forces actives du lieu…

Bonjour Justine, bonjour Camille. Vous faites partie de la team du Connexion Live, pouvez-vous nous expliquer votre rôle dans la structure ?

Salut Rémy et toute la communauté OPUS ! En effet, nous formons le binôme du bureau de prod’ de Connexion Live. Camille s’occupe de la programmation et de la production, Justine est en charge de la communication et des partenariats !

Le Connexion Live est un incontournable de la scène locale. Comment est née l’aventure de cette salle ? 

Avant d’accueillir des concerts, il y avait ici une station service, d’où les nombreux bidons pour rappeler le passé du spot :). L’aventure a commencé il y a une dizaine d’années, lorsque notre boss a voulu créer un lieu hybride en plein coeur de Toulouse, entre bar et musique. Les lieux ont beaucoup changé depuis, et la déco est en perpétuelle évolution… On aime particulièrement ce patchwork de matières, qui reflète la pluralité des styles musicaux et disciplines artistiques qu’on accueille : musique bien sûr mais aussi danse, vidéo & mapping ou encore photographie.

D’ailleurs, tout le monde ne sait peut-être pas d’où vient le nom ?

Entre le garage et les concerts, il y a eu un magasin de matériel hi-fi de la marque « Connexion ». On a d’ailleurs conservé l’enseigne, toujours visible de loin sur l’extérieur du bâtiment, qui est un peu notre emblème finalement ! À l’ouverture, l’établissement s’appelait Connexion Café, le « Live » étant apparu il y a quelques années pour mieux coller aux activités de concerts.

 

Chill Bump au Connexion Live. Crédit @Manondez

Le Connexion Live organise une belle date le 7 décembre. Une date produite par la salle ! Pourquoi ce retour à l’organisation de concert ?

Nous avions à coeur de refaire des productions en notre nom, car c’est une partie vraiment passionnante de notre boulot, qui commençait un peu à nous manquer… Une production, c’est un peu notre « bébé » : on choisit les artistes qu’on a envie de voir jouer sur notre scène, on s’occupe de tout de A à Z, du booking à l’accueil des artistes en passant évidemment par la promo autour de la date…

C’est pas finalement plus simple de rester une structure qui accueille des concerts ?

Ce n’est pas forcément « plus simple » en fait ! On a tout autant d’administratif et de communication à faire pour tous les événements que nous accueillons ici. La différence c’est surtout qu’une prod a des implications plus importantes, qu’elles soient « émotionnelles » ou financières !

On est en tout cas très heureux de vous retrouver actifs sur la scène locale ! Comment s’est dessiné le choix artistique avec Holy Two ?

Nous avons entendu parler de ce groupe il y a plusieurs mois. Le premier contact s’est fait par le booker du label Coldfame Records, qui gère aussi le groupe Last Train que nous connaissons bien à Connexion Live, qui nous a fait une proposition de programmation. La toute première écoute de l’EP « A Lover’s Complaint » a été un coup de coeur quasi instantané ! On a adoré notamment les morceaux Face It et Undercover Girls, et on s’est dit qu’on adorerait les faire jouer ici… et que c’était l’occasion rêvée de relancer – petit à petit – les productions.

En première partie, on retrouvera un talent local, le duo The Seventeen. C’était primordial de mettre en avant des toulousains ? 

Autre duo, autre coup de coeur ! On a découvert The Seventeen en janvier dernier, lors du tremplin « Musique de RU » organisé par le CROUS Toulouse, qui nous avait proposé de faire partie du jury. Dès les premières notes, la magie a opéré et, là aussi, on a tout de suite accroché ! On a même réussi à faire créer un prix spécial « Coup de coeur du jury » (qui n’existait donc pas) rien que pour eux… Quand la prod de Holy Two s’est dessinée, on a tout de suite pensé à eux et à notre envie de les voir jouer en première partie d’un de nos concerts ! Plus globalement, on pense qu’il est effectivement primordial de donner l’opportunité à des groupes locaux de se produire sur une scène telle que la notre. Et c’est une petite fierté que d’accueillir The Seventeen, après les avoir fait gagner ce tremplin.

On en arrive aux questions rituelles chez Opus : si vous deviez organiser votre festival idéal, il se passerait où et vous feriez jouer qui ?

On ne s’est jamais vraiment projetées dans l’idée d’une telle aventure, mais si on devait organiser un festival, ce serait ensemble toutes les deux au soleil et au bord de la mer et avec des musiques actuelles et électroniques…

Enfin, si vous aviez toutes les deux 2 ou 3 projets musicaux à nous faire découvrir ?

Au niveau local, il y a énormément de petits collectifs et assos qui bougent, notamment dans les musiques électroniques. On pense par exemple au collectif Pétrole que nous avons adoré voir jouer au Connexion Live et qu’on espère revoir bientôt ! Il y a aussi 17h46, qui vont d’ailleurs s’occuper de vous faire danser juste après Holy Two et The Seventeen puisqu’ils mixeront après le concert ! Côté musiques actuelles, on écoute pas mal de trucs en boucle, parfois un peu trop d’ailleurs (rires) ces derniers temps : Inuït, French79, Bosco Rogers, You Man…

Merci à vous et on se retrouve le 7 pour cette belle date ?

Merci Rémy, on espère vous voir nombreux le jeudi 7 décembre, ça commencera vers 20h et des préventes à 8,80€ sont dispo en ligne !

Toutes les informations sur l’event Facebook et sur le site Internet du Connexion Live

Interview Eddy de Pretto : « La musique est au service des mots »

Opus et Néo se sont associés à l’occasion de la tournée des Inouïs du Printemps de Bourges, pour interviewer les 4 groupes présents au Metronum, théâtre de la première date de cette saison. Après le lauréat 2015 et 2016, Last Train et Clément Bazin, on a rencontré le grand gagnant 2017 : Eddy de Pretto.

Bonjour Eddy, tu es lauréat des Inouïs du Printemps de Bourges cette année. Que t’as apporté ce tremplin?   

Ecoute, déjà une tournée qui commence aujourd’hui à Toulouse, j’suis hyper content. Et plein d’autres dates ! Ca m’a apporté aussi de la visibilité professionnelle et un public. Et un beau trophée aussi qui est chez moi.  

Habitué des tremplins tu es aussi lauréat des Inrock Labs 2016 : ces tremplins deviennent-ils indispensable pour un artiste aujourd’hui?  

Pas forcément mais ça peut nous aider en effet à faire évoluer notre projet, surtout le faire voir, gagner en visibilité, mais y’a tellement d’autres moyens de développer un projet ! Ca en est un, ouais, en effet.  

Ta musique croise, avec justesse, chanson et influences rap. Comment as-tu dessiné cette couleur musicale ?  

J’ai pas dessiné de couleur musicale justement, cela c’est fait juste en fonction de mes influences, de ce que j’avais envie de mettre, tout en conservant le plus possible les mots. Ca a donné cette musique mais toute cette musique est au service des mots, j’pourrais dire que ce sont les mots qui ont plutôt influencé la musique.  

Kid, ton premier EP est sorti la semaine dernière, comment on se sent les premiers jours après la sortie?  

Euh ben écoute…très bien (rires), il a été super bien accueilli par les médias et par le public, donc y’a pas mal de choses qui se passent. Après la sortie de l’EP c’est bien, ça ouvre les perspectives à des choses encore plus grandes.  

Pourquoi un EP, plutôt qu’un album? 

Parce que c’est ma manière de rentrer dans le game, tout simplement en disant « voilà coucou je suis là, coucou j’arrive » et peut-être que la prochaine fois l’album sera d’autant mieux, mieux, juste mieux, ahaha.  

Tu as collaboré pour cet EP avec les producteurs de Booba et de PNL, comment s’est faite la rencontre?  

J’avais rencontré pas mal de producteurs, il se trouve qu’ils ont étaient les meilleurs, en tout cas pour danser mes titres et les faire un peu rebondir comme je voulais. C’est ce que je cherchais depuis le début de faire groover le français, ça a été assez facile de coopérer, c’est eux qu’il me fallait. 

On t’a découvert avec Fête de trop, si tu devais donner envie aux gens qui ne connaissent pas ce titre de l’écouter, que dirais-tu ?

J’essaie de décrire le moins possible ma musique donc je sais pas comment décrier ce titre là… J’dirais entêtant ! 

Fête De Trop c’est aussi un clip assez original entre monologue tourné face à un miroir, images tournées au téléphone et multiplications de vidéos de toi. Pour un premier clip c’était important de faire connaître ton visage ? 

Oui oui oui c’est un projet qui me raconte énormément, qui me défini, qui est très axé sur moi. C’est mes histoires, mon moi, enfin tous mes problèmes, mes questionnements. Donc oui j’avais envie d’incarner au maximum mon projet par celui qui l’écrit et celui qui l’a créé de toutes pièces, du coup j’avais envie d’être la personne face caméra. Même pour Kid on me retrouve face caméra et j’ai envie de garder cette image de silhouette un peu définie qui est représentée par “le moi“ de la chanson.  

Tu es une preuve de plus que l’on peut chanter en français avec des textes puissants, tu te veux défenseur de notre langue ?  

« Défenseur de la langue », je sais pas c’est un grand mot. Moi ça m’a toujours parlé le français, j’ai jamais aimé chanter dans une autre langue. En anglais ça me mettait pas les poils, alors que quand je chantais en français ça me les mettait. Ma langue maternelle je m’y retrouvais énormément, la sensibilité était claire, nette et précise donc c’est pour ça que j’avais envie de la défendre.  

Sur scène, tu fais des lancements avec un iPhone. D’où te vient cette idée ?  

Basiquement parce que je suis toujours avec mon iPhone et que j’avais envie de questionner cette image de silhouette toujours branchée à son iPhone, même sur scène, même pour lancer la musique et même pour servir le propos que je voulais défendre : c’est à dire juste des mots, une musique et une mise en scène très minimaliste, donc juste une batterie, moi, et un iPhone qui lance. J’trouvais que c’était assez graphique et que c’était d’autant plus incisif pour le projet, j’trouvais que c’était beaucoup plus fort, beaucoup plus puissant pour juste défendre le mot encore une fois.  

C’est quoi l’avenir d’Eddy De Pretto ? 

L’avenir d’Eddy De Pretto c’est surtout un album, printemps 2018, et puis plein de choses j’espère, des victoires et des victoires.  

Si tu imagines ton festival idéal, il se passe où et tu fais jouer qui ? 

Mon festival idéal ? J’ferais jouer… Première partie Bibi Bourelly, en seconde partie Jorja Smith et en troisième partie Frank Ocean, que des anglais d’ailleurs, voilà, ce serait un festival anglais. 

Merci Eddy ! On se donne rendez-vous au printemps pour ton premier album !

Interview réalisé par Vanessa,
retranscrit par Clément Cazaubon (Néo Toulouse)

Pour écouter l’interview :