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Interview Proleter : « Le sample, une autre façon de faire de la musique »

C’est l’un des artistes qui portent la scène électro toulousaine. Le producteur Proleter était l’invité de Radio Néo et Opus Musiques au début de l’été, l’occasion pour nous d’en savoir plus sur l’origine du projet de Ben et d’aborder son tout nouvel album, Life Playling Tricks…

Bonjour à tous ! Nous sommes aujourd’hui avec Ben, l’homme qui est derrière Proleter. Proleter aujourd’hui ce sont 20 millions de vues cumulées sur le web. Internet a eu une place importante dans ton éclosion ?

Ah complètement oui, je suis le prototype de l’artiste 2.0. Appelle ça comme tu veux, mais je suis complètement né avec Internet. Et aujourd’hui encore, je continue de grandir grâce à Internet. La question que je me pose c’est : est-ce que j’aurais pu avoir la carrière que j’ai aujourd’hui, il y a 10 ans ou 15 ans, en passant seulement par les maisons de disques ? Quand tu passes par le web, tu court-circuites un peu le système et les grands réseaux habituels.

Comment ça s’est passé, tu as posté une première vidéo et ça a fait le buzz ?

C’est pas aussi immédiat mais ouais c’est un peu ça. J’ai fait comme tout le monde, j’avais un Myspace il y a bien longtemps, dont j’avais assez honte. J’ai commencé a poster 2,3 trucs, c’était autour de 2010 je pense, et j’ai eu des retours qui m’ont surpris, j’étais inconnu de chez inconnu même sur la scène toulousaine personne ne me connaissait. L’année d’après, je me suis dit « fais les choses sérieusement, prends le temps de faire un truc. » J’ai fait mon premier maxi où il y a eu un titre en particulier qui a aidé à faire parler de moi et qui a fait boule de neige sur le net. Je suis passé de 200 abonnés à 15 000 en peu de temps…

Tu parles d’April Showers je pense. Ce morceau t’a ouvert des portes ?

Ouais c’est le morceau qui m’a ouvert toute les portes ! Et aujourd’hui encore, parce qu’en partie c’est le morceau qui me fait vivre. C’est mon Born to be alive quoi (rires) c’est un morceau qui a tout changé pour moi.

On parlait d’Internet, aujourd’hui ça veut dire réseaux sociaux. Tu postes très souvent en anglais : ton public est plus international que local ?

Complètement, c’est 80% de mon public. C’est pas du tout un truc snobinard pour faire genre je parle au mecs des States. Moi je préférerais m’adresser aux français mais le fait est que j’ai plus d’échos dans les pays anglophones donc on s’adapte ! (vous pouvez suivre Proleter sur Facebook)

Comment est ce que tu es devenu beatmaker ? Tu étais guitariste c’est ça ? Raconte-nous tout ça !

C’est un peu long mais je vais te la faire courte : grosso modo je suis parti de Toulouse au début des années 2000, je jouais beaucoup en groupe ici dans la région. Et puis je suis d’abord parti à Strasbourg puis ensuite sur Paris, je me suis retrouvé tout seul et je commençais déjà à bidouiller un peu, enfin j’était déjà intéressé par la production, sans savoir vraiment ce que c’était en définitive. Je composais, je créais des morceaux… Je suis entré dans ce monde via le trip hop au départ, qui après m’a amené à la culture hip hop par le biais des rencontres. Et j’ai découvert le sample, j’ai découvert une autre façon de faire de la musique complètement différente de ce que je connaissais jusque-là, et c’était ça qui était excitant.

Quand on parle de beatmaker, on pense souvent a DJ mais en fait c’est très différent. En quelques mots, comment est-ce que tu vois ton boulot ?  

Tu fais bien de préciser, parce qu’effectivement pour le commun des mortels… Quand je bossais encore à côté de la musique, j’essayais de faire comprendre aux mecs avec qui je bossais que non je n’étais pas DJ, « gars je suis producteur ! » Et les mecs comprenaient pas trop la diff’ quoi. Alors que moi tu me files 2 platines je ne sais pas quoi en foutre sincèrement, je ne suis pas DJ du tout. Un DJ il va passer, jouer les morceaux des autres et il va les mixer. Alors que moi je joue mes morceaux. Quelqu’un qui vient me voir sur scène il entendra mes morceaux : je crée mes morceaux, du début jusqu’à la fin de l’arrangement, de la ligne de basse aux drums en passant par les samples. C’est moi qui fais tout. Alors après on peut débattre vis à vis du sample, est-ce que c’est créer de la musique ou pas, il y a encore un débat sur ça mais sinon être producteur en tout cas c’est faire sa propre musique.

« Pour Life Playing Tricks, j’ai pris le temps de faire des choses, d’expérimenter »  Proleter

Tu viens tout juste de sortir un tout nouvel enregistrement, « Life playing tricks », ta première sortie depuis 2015, d’où est extrait Alone After All. Tu voulais prendre le temps avant de sortir quelque chose de nouveau ?

T’as bien résumé, j’étais à la fois sur la route, j’ai pas mal tourné. Je cherchais une dynamique différente du précédent album, donc j’ai pris le temps de faire des choses d’expérimenter. J’ai pris le temps de collecter beaucoup de samples. J’avais envie de passer des étapes même en termes de travail du son donc j’ai pris le temps.

Pour ce projet, tu as retenu seulement 6 titres parmi une cinquantaine de démos c’est bien ça ? Tu as été très exigeant finalement…

Ouais mais par nature être producteur c’est être exigeant envers soi-même, parce que t’es assez seul dans la démarche finalement sur la production. Après sur la scène on est plusieurs mais pour le travail de studio je suis vraiment tout seul donc c’est à la fois compliqué de faire ton travail et de le juger, t’as pas vraiment de filtre. Donc ouais j’ai fait beaucoup beaucoup de choses, j’ai produit beaucoup. Et ce qui est drôle c’est que les gens te disent « putain, il est de retour » ou « t’es pas mort ?», alors que toi t’as bossé comme un con pendant un an et demi, t’a pas arrêté, t’as l’impression de ne pas avoir vécu (rires). Mais ça les gens ne le voient pas et c’est très bien comme ça !

Justement, comment est-ce que tu composes et crées ?

Je pars souvent d’un sample. L’inspiration elle peut venir d’un sample qui va me filer une idée que je vais découper de telle ou telle manière… Je fais beaucoup de brouillons, mais vraiment par strates… J’ai des disques, j’écoute plein de trucs pour essayer de choper des boucles à droite à gauche, et une fois que j’ai fait ce premier travail qui est un peu le point de départ, je vais jouer avec en fait. Ces samples, je vais les prendre et m’amuser, les découper, commencer à voir s’il se passe quelque chose tout simplement. Il y en a tu joues avec et puis, je sais pas te dire, c’est là qu’il se passe quelque chose en définitive. Ca tient un peu de la mystique pour le coup.

Ce mélange des genres et des temps entre l’électro, le hip hop d’un côté et le swing de l’autre, c’est le cœur de ton identité ?

Ca l’est devenu en tous cas. Peut-être moins aujourd’hui parce que j’essaie de varier un peu les pistes mais clairement c’est avec ce son-là que je me suis construit. Aujourd’hui un mec qui va écouter mon son, j’espère que ça sera pas pris de façon prétentieuse, mais ce son là c’est ma patte, on le reconnait !

C’est ta plus grande fierté, en tant que producteur, qu’on reconnaisse ta patte ?

Ouais, j’en suis assez fier, parce que c’est le plus difficile en définitive ! Des producteurs aujourd’hui, il y en a partout, ça n’a jamais été aussi facile de se procurer du matos et de faire ça. Quand t’as un son identifiable malgré tout t’as fait une partie du chemin. Je suis arrivé nul part mais quoi qu’il en soit j’ai un son.

Est ce qu’il y a des styles que tu aimerais explorer en plus du hip hop et du swing ?

Ah complètement, je suis un névrosé de tout ça. J’aimerais faire tellement de choses mais après il faut se canaliser, l’idée c’est que si je fais un truc, je veux le faire proprement. Tu sais moi je viens du rock, donc c’est une musique que j’adore c’est ce que j’écoute énormément aussi. Enfin tu vois j’ai pas mis une casquette et j’ai pas renié ce que j’ai écouté pendant 20 ans avant.

Mais tu portes quand même une casquette ! (rires)

J’ai complètement une casquette (rires). Ce qui m’a façonné en tant que musicien et en tant que beatmaker c’est aussi tout le rock que j’ai écouté et que j’écoute. J’aimerais bien produire des artistes, d’autres groupes dans pleins de styles, genre tu vois des mecs comme Danger Mouse qui vient totalement du rock et qui produit aujourd’hui les Black Keys ou U2… Ce genre de trajectoire c’est sûr que ça fait rêver quoi ! Ca ce serait chantmé de se retrouver avec des groupes complètement différents et de foutre ta patte un peu sur ça.

Tu es aussi un artiste de live : y’a une scène qui t’a marqué tout particulièrement ?

J’ai très bon souvenir de Rock’n Solex à Rennes, l’année dernière, c’est un gros gros festival étudiant. On démarrait le vendredi soir et c’est une très grosse scène, t’as genre 10 000 places. 5 minutes avant de démarrer, c’était vide… mais c’était vide VIDE quoi… Et là le régisseur te dit « bon les gars, il va falloir y aller » et toi tu te dis bon on va faire un répèt’, on va regarder nos pieds ça va être sympa… Et en définitif il s’est passé un truc comme dans les films, on est montés sur scène, on a démarré devant 3 bonhommes face à la scène, et à la fin du premier morceau les gens courraient, arrivaient devant la scène et ça s’est blindé ! En 2-3 morceaux t’avais 2 000 personnes sous le chapiteau, c’était une soirée mémorable !

Si on te donne une baguette magique pour créer ton festival idéal, il se passe où et tu fais jouer qui ?

Je sais pas où il se passe mais il y aura Justice, les Strokes… Un Shadow peut être … Et il se passerait où, je sais pas… Peut-être en Crête… Ouais la crête c’est pas mal non ?

Et pour finir, est-ce que tu aurais 2-3 projets a nous faire découvrir ?

Ouais bien sur j’ai mon pote Kognitif un mec de Poitiers qui est un peu dans la même veine que moi, on se suit depuis qu’on a démarré. C’est super ce qu’il fait et c’est un mec que j’adore ! Il y a aussi le belge Poldoore qui fait une belle carrière aussi de son coté. Sinon après y’a des mecs de Saint Etienne que j’aime beaucoup aussi, ils font une espèce de hip-hop/reggae : L’entourloop, Je vous conseille c’est du bon !

Merci Ben ! Et à très bientôt…

Merci Opus et Néo !

Interview réalisé par Charline et Rémy

Roméo Elvis : « Envie de remplir des stades »

C’était l’un des artistes les plus attendus de cette édition 2017 du Weekend des Curiosités. On a rencontré Roméo Elvis pour échanger sur son ascension, son deuxième album « Morale 2 » et ses projets à venir. Une interview réalisée en partenariat avec Radio Néo Toulouse !

Si vous êtes intéressés par la scène rap francophone vous connaissez forcément Roméo Elvis.  A 24 ans, ce rappeur belge compte déjà 4 enregistrements, du premier « Bruxelles c’est devenu la jungle » au dernier « Morale 2 », sorti en mars 2016. Bonjour Roméo !

Salut !

T’es en pleine tournée depuis la sortie de « Morale 2 », comment ça se passe et comment les gens recoivent ce nouveau live ?

Ça se passe très très bien, de mieux en mieux à chaque fois, les gens connaissent de mieux en mieux les morceaux et ont fait chaque fois de plus en plus le tour de l’album. On est super bien reçu, on découvre des scènes de plus en plus grandes, on joue de plus en plus tard, donc c’est que des points positifs…

C’est une première Toulouse ?

Ouais, ouais Toulouse c’est une première, enfin !  Il s’est passé beaucoup de choses avant qu’on réussisse à arriver à Toulouse.

Roméo Elvis à Toulouse pour le Weekend des Curiosités (Le Bikini) crédit Thomas Biarneix

On parle beaucoup de toi, mais cet album comme le précédent est une collaboration avec Le Motel qui signe des productions d’une très très grande qualité. Comment se passe votre processus de création à tous les deux ?

C’est assez simple, je vais chez lui, je l’enferme, je lui donne des coups de fouet (rires)… Non on échange, ça paraît un peu évident quand je le dis comme ça, mais lui il travaille sur des instrumentaux, il me les envoie, moi en général je trouve une mélodie de base. A partir de ce moment-là il a un squelette et il recompose, c’est vraiment un travail de l’un à l’autre… C’est un peu un ping pong !

Dans « Morale 2 », au niveau des textes, tu te livres de façon presque autobiographique, tu parles de ta copine, de la drogue, de ta famille, et même de tes acouphènes, c’est toujours ta propre vie le terreau de tes textes ?

Bah c’est l’inspiration après c’est pas spécialement des trucs qui me sont arrivés, ou vraiment des histoires sur ma copine ou vraiment des histoires sur mes acouphènes… Enfin pour le coup les acouphènes, c’est juste, mais je me sers toujours d’éléments, de sujets qui me concernent, pour dévier après sur quelque chose de plus ironique qui peut amener justement sur une histoire et une moralité, d’où Morale. L’idée c’est de dévier, de prendre à la base quelque chose qui est quand même palpable et vrai, et ensuite de le romancer…

Dans ton univers il y a beaucoup de référence animalières, autour du crocodile pour tes visuels, dans tes paroles Drôle de question tu parles de dauphin, de tortue… Ce sont des références à ton premier EP « Bruxelles c’est devenu la jungle » ?

Oui c’est toujours un clin d’œil et ça va revenir dans le prochain projet aussi, il y a un clin d’œil véritable à cet univers-là avec lequel j’ai commencé dans le rap justement, et c’est quelque chose qui me tient à cœur de mettre des animaux dans mes textes…

Et « quand on s’embrasse c’est comme une sorte de dauphin sophistiqué » ça veut dire quoi ???

Ca veut dire qu’il fallait remplir le trou du morceau et qu’il fallait dire un peu n’importe quoi (rires). Il fallait que ca soit un peu romantique et un peu évasif… Voilà ce qui est sorti !

Un peu comme les Beatles qui disaient n’importe quoi sur certains morceaux parce que les gens s’amusaient a tout traduire ?

Genre I am the Walrust  ! Bah ouais c’est un peu ça, jouer sur le sens des mots, le poids du sens et l’ironie derrière, enfin c’est un jeu quoi tu vois, et je le fais souvent ! Dans Drôle de question aussi, on se doute bien que c’est pas une vraie déclaration d’amour à proprement parler, on comprend que le mec il dit des conneries derrière, Il y a toujours une distance avec la réalité quand même !

Justement tu parles de Drôle de question, tu chantes des mots quelque part pour rassurer ta copine. Est-ce que c’est un parallèle à un morceau un peu plus ancien, Drôle de décision, où tu chantais le fait de ne pas être capable de rester avec quelqu’un ?

En tous cas c’est sur qu’il y a un lien entre les deux morceaux et le lien s’est fait assez naturellement en plus. Après ce morceau Drôle de question je l’ai écrit il y a déjà un an et j’étais pas en couple à ce moment-là donc c’est pour dire à quel point il est vraiment basé sur peu de choses, mais c’est très ironisé en fin de compte quoi. Le vrai morceau sur ma copine c’est Lenita où c’est vraiment une déclaration. Pour Drôle de question c’est pas vraiment une tentative de rassurer, c’est un jeu, où tu vas tellement loin dans les compliments et le jetage de fleurs qu’on se rend compte que c’est n’importe quoi tu vois.

Et c’est quoi cette drôle de question alors ?

Est ce que tu m’aimes !

Tu nous a parlé d’un projet à venir… tu peux nous en dire un peu plus ?

Pas vraiment parce que ce serait un peu gâcher des surprises, mais forcément quand on est dans une dynamique de travail comme nous, on a envie de continuer… Donc on est poussé par l’envie de continuer et moi je suis quelqu’un de très productif, je vis seul, je travaille en solo, dans la conception lyricale. J’écris tout le temps, donc j’ai déjà beaucoup beaucoup de trucs qui sont prêts.

Ce que je peux te dire c’est qu’on va enregistrer, on va profiter de la proposition de Red Bull de venir essayer leur studio à Amsterdam, ça me fera un peu des vacances pendant 5 jours, aller enregistrer en intensif, de 10H du mat’ a 19H…

Sur le projet j’ai pas tellement envie de m’élancer… Le Motel sera dessus aussi, mais c’est pas un « Morale 3 » tu vois. Ça je peux le dire parce que j’ai pas envie de créer une fausse attente, on va faire une pause au niveau des Morales, après « Morale « 2 on va se démoraliser, en tous cas on va pousser le truc jusqu’au bout quoi.

Je t’ai découvert comme beaucoup de monde avec Bruxelles arrive : est-ce que ce morceau tu le considères comme l’élément déclencheur dans ta carrière grandissante ?

Ouais ce serait mentir de le nier, c’est clair que ça m’a fait connaître au yeux de beaucoup, beaucoup de monde, très fort et très vite. Depuis ça monte, les chiffres des réseaux, c’est ça qui donne un peu un aperçu de la fidélité du public ça monte constamment. Ça c’est l’effet Bruxelles arrive et le côté un peu hype de Bruxelles pour l’instant. Après j’aurais pas tenu le coup si j’avais pas des trucs derrière tu vois c’est pas un hit… C’est pas un truc à la Plastic Bertrand, désolé pour lui, où il a fait un truc et il est connu uniquement pour ça. Fort heureusement j’ai tout un truc autour, mais Bruxelles arrive a été un gros déclencheur.

Tu fais partie des portes drapeaux de la scène rap belge, avec tes potes Caballero et JeanJass. Ils viennent nous voir bientôt à Toulouse : tu aurais quelque chose a nous apprendre sur eux que personne ne connaît ?

Ouais, un truc drôle, vous pouvez leur demander si Jass a prévu de se solidifier à Toulouse. Là ils vont péter de rire. Est-ce qu’il va faire une « SOLIDIFICATION » (en anglais) il vous racontera s’il veut (rires).

Comment toi tu qualifies ton évolution depuis tes premiers pas avec l’Or du commun, jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai beaucoup de chance, je pense qu’il y a ça qui joue aussi. J’ai été mis en lumière par un groupe très rapidement. Avant j’étais aidé par un groupe, j’étais un peu admiratif du mouvement de l’esprit d’équipe, j’étais l’outsider, et j’avais envie de prouver au gens qui venait voir l’Or du commun que j’étais aussi bon qu’eux, et que je valais autant.

Et puis ensuite j’ai commencé a faire de la scène solo, et il y en a un qui m’a suivi en back, Primero, moi j’ai commencé un petit peu a monter à monter et àun moment, ce que j’aurais jamais cru, j’étais à la même hauteur que l’Or du commun alors que pendant toute une époque c’était vraiment mes grands frères… Et à un moment je les ai carrément dépassé, et maintenant en termes de visibilité, en termes de public, j’ai vraiment pris le dessus, mais je veux dire c’est pas du tout en termes de compétition, c’est en termes de comparaison tu vois. Et on est dans un esprit super famille en plus avec ça…

Maintenant c’est Swing de l’Or du commun qui fait les back, les gars ont sorti un album cette année, il y a un esprit de cohésion, il y a jamais eu cette rupture dans le groupe, on a tous envie de monter. Donc c’est motivant pour l’Or du commun, le buzz que j’ai eu cette année, ils ont envie de rattraper le coup. On se fait des challenges mais pour rire, c’est dans un esprit bon enfant et qui nous fait tous avancer en fin de compte. Genre un mur d’escalade, on est là à le grimper tous ensemble.

Roméo Elvis à Toulouse pour le Weekend des Curiosités (Le Bikini) crédit Thomas Biarneix

Et au sommet de cette escalade du coup il y a quoi pour toi ? Qu’est ce que tu vois au plus haut possible ?

Moi je rêve très grand tu vois. Il y a un an je rêvais de remplir un salle, comme la Maroquinerie, l’année prochaine je rêve de remplir un Zénith ! Et si un jour je remplis un Zénith inch’allah, j’aurais envie de remplir des stades ! Ces disques d’or ça me tient pas vraiment à cœur. Je serais très content de l’avoir, mais c’est pas un truc qui compte énormément. Faire des featuring avec des resta de ouf, c’est pas non plus un but que j’ai envie d’atteindre. C’est vraiment remplir des salles, la performance scénique. Et surtout qu’on soit tous ensemble dans ce truc. Pas passer d’une grosse équipe à une autre, d’une équipe de technicien à une autre… Le truc c’est que depuis le début on monte tous ensemble. Tout en haut de la pyramide je nous vois, nous, avec notre boîte montée… Mais c’est vraiment quand tu me parles de rêve quoi. En concret, on va essayer de continuer comme ça de manière croissante. Si on arrive à rendre un bon travail, on remplira plus et on verra ce soir si on remplit bien et si on peut faire mieux l’année prochaine !

Et ben nous aussi on va voir ce soir, on va te découvrir en live ! Merci Roméo !

Merci à toi !

Roméo Elvis à Toulouse pour le Weekend des Curiosités (Le Bikini) crédit Thomas Biarneix

Interview by Rémy
Crédit photos Thomas Biarneix

 

 

 

 

 

Lombre : « C’est la face cachée de moi-même »

Lombre, c’est un projet que l’on a découvert avec le tremplin du Weekend des Curiosités. A l’occasion de sa première partie du concert de Chill Bump au Connexion Live, on est allés rencontré Andréas pour en savoir un peu plus sur ce projet. Une rencontre que vous pouvez aussi écouter en audio avec Radio Néo ici.

Bonjour Andréas. Tu es le rappeur derrière Lombre : est-ce que tu peux te présenter ?

Ouais alors je m’appelle Andréas Touzé, j’ai 20 ans, je viens de Rodez, je fais de la musique depuis environ 6 ans et demi. J’ai commencé par la guitare et maintenant j’écris beaucoup. Je commence aussi la composition petit à petit. Le projet Lombre a un an, avant j’étais sous un autre nom, j’avais un style un petit peu plus old school, un petit peu plus habituel dans le rap et j’ai voulu un peu plus me spécialiser.

D’ailleurs ce nom de scène Lombre, qu’est ce qu’il évoque ? 

C’est venu vraiment par hasard, avant je m’appelais Eighty. Lombre m’est apparu comme une évidence et après j’ai trouvé plein d’images qui se rapprochait de mon projet. Déjà Lombre c’est mon alter ego, la face cachée de moi-même qui dit des choses que j’arrivais pas forcément à dire dans la vie de tous les jours. Lombre c’est aussi la noirceur j’ai des textes assez noir et ça collait bien à mon image aussi. Et en plus, là il faut me suivre, en espagnol el hombre ça veut dire l’homme, moi je m’appelle Andréas, et André en grec ça veut dire l’homme aussi. Tout ça donc a justifié ce nom.

Tu viens de le dire avant de t’appeler Lombre, tu t’appelais Eighty, qu’est-ce qui a motivé cette évolution et ce changement de blase?

En fait j’ai jamais fait de rap américain, donc la sonorité américain dans Eighty ça me parlais plus, je ne me retrouvait plus dans ce nom. J’avais vraiment envie de changer, d’évoluer et je me suis dit que c’était pas illogique aussi de changer de nom pour avoir vraiment un truc nouveau de A a Z.

Ton univers me fait penser a un groupe qui d’ailleurs passait pas mal sur Néo, qui s’appelle Cabadzi : ils font partis des groupes qui t’inspirent ?  

Ouais ouais j’en ai plein mais si je dois en citer quelques unes il y a Cabadzi, Fauve aussi. Après il y a Georgio, Noir Désir, Détroit aussi, Bertrand Cantat qui m’inspire beaucoup… il y en a plein, Psykick LyriKah, La Canaille aussi !

Ce projet tu le porte seul ou tu es accompagné ? 

C’est un projet que j’ai commencé seul, Lombre c’est un personnage, mais derrière ce personnage, il y a beaucoup de gens qui travaillent, qui gravitent autour. Sur scène je suis accompagné d’un guitariste qui s’appelle Rey Vilo. C’est quelqu’un qui me suit depuis le début du projet, qui a un peu plus d’expérience que moi aussi donc qui me guide, c’est une sorte de grand frère en fait dans le projet.

Après je travaille aussi avec un producteur qui s’appelle Francis Estève, Cisco, qui a lui bosser dans pas mal de projets, il est dans le milieu depuis pas mal de temps et a beaucoup, beaucoup d’expérience.  Il a été dans des groupes comme Expérience et plus récemment avec Dum Spiro, avec Zédrine. C’est quelqu’un qui est de Rodez à la base et qui est revenu s’installer après 20 ans de tournée à Rodez. Il a été très important aussi parce qu’il a vraiment apporté sa touche et son image me plait beaucoup en plus, ce qu’il pense de sa musique et tout, il y a des choix qui se rapprochent des miens donc ça a de suite collé.

Après autour, moi j’ai mes parents qui me soutiennent a mort, j’ai des potes aussi qui me soutiennent, d’autres personnes aussi comme Mathieu Marlet qui me soutient aussi beaucoup, qui m’apporte aussi au niveau du management… C’est tout une équipe en fait qui gravite autour du projet, je suis pas seul, loin de là…

Tu fais partie cette année des finalistes du tremplin du Weekend des Curiosités, on imagine que c’est une étape importante pour toi? 

Ouais carrément, après j’ai pas tenté beaucoup de tremplins depuis que Lombre existe, j’en ai tenté 3. Le premier c’était le prix d’écriture Claude Nougaro l’année dernière dans lequel j’ai fini lauréat, donc c’était déjà une première expérience réussie. Ensuite il y’a eu un festival près de chez moi qui s’appelle Zikabazac, que j’ai gagné aussi donc j’ai pu faire la première partie de Féfé et Berywam. Et là il y a ce tremplin la, c’était quand même une bonne occasion, le Weekend des Curiosités c’est quand même un très gros festival à Toulouse.

Nous on leur dit merci parce que c’est grâce a ce tremplin qu’on a découvert ton projet et notamment une chanson qui s’appelle Eaux Trouble. Est-ce qu’on peut aborder ce qu’évoque ce morceau ?

Oui alors Eaux Trouble c’est le premier extrait, du premier projet qui va sortir cette année. C’est une des premières chansons que j’ai écrite avec Lombre, Ce morceau, au niveau de l’écriture, ça s’est fait tout seul et ça s’est fait de suite : j’ai écris ce texte en une fois, j’ai fait un one shot comme on dit et c’était vraiment quelque chose que j’avais sur le coeur que j’avais envie de dire. Après c’est une formule que j’ai bien aimé en fait, je vois plus pourquoi aller chercher la complication dans les textes.

Donc c’est un exercice que j’aime beaucoup pratiquer le one shot. Quand ça sort, ça sort, et même s’il y a des imperfections dans le texte, j’aime les laisser parce que ça a son importance aussi. Ce que faisait très bien Fauve aussi quand ils avaient leur projet et c’est ce que j’adorais. Après l’historie c’est le doute, les questions qu’on peut se poser.. Bon là dans cette chanson c’est plus sur une relation amoureuse, en gros c’est quelqu’un qui se pose des questions sur la continuité d’un projet avec une femme, mais ça peut être aussi exprimé dans plein de choses différentes en fait : des doutes qu’on peut avoir avec le boulot, dans la routine du quotidien, c’est très large en fait.

Tu as un EP qui devrait arriver bientôt c’est ça ?

Alors pas de dates pour l’instant mais en tous cas ça sortira en fin d’année, on va essayer octobre. Les sons avancent, les visuels aussi donc je suis très content, on est tous très contents dans l’équipe.

On parle travaille, on peut aussi dire du coup que tu viens de sortir d’une semaine de résidence au Phare. Est ce que tu peux expliquer ce que c’est une résidence pour un artiste pour les gens qui savent pas forcément ce que c’est?  

Alors déjà cette résidence, je tiens à le souligner parce que c’est très important, je l’ai faite grâce au prix d’écriture Claude Nougaro. Et comment ça se passe en fait ? Là c’était 3 jours, donc on était au Phare à Tournefeuille, on était dans les studios et j’ai rencontré un producteur qui s’appelle Logilo. On a parlé un peu du projet et lui il avait déjà un petit peu vu ce que je faisais. Après on a essayé de faire évoluer le live, c’était ça le point principal de la résidence, pendant plusieurs jours.

Tu as fait des belles première parties depuis que Lombre existe, Féfé, Dub Inc, Chill Bump… Quel est depuis que tu rappes, le souvenir le plus marquant que tu as vécu? 

C’est dur comme question parce que j’en ai pas eu beaucoup et chacun avait son petit truc un petit peu spécial. J’ai quand même fait en février la première partie de Seth Gueko, c’est quelqu’un que j’écoute depuis longtemps et que je kiffe grave, enfin c’est de l’égo trip j’adore ! Je me suis retrouvé la j’ai un peu flippé quand j’ai accepté… C’était l’une de mes plus grosses surprises parce que ça a été très bien reçu. Pour la petite anecdote, c’était la première fois que je faisais mon rappel sur scène en fait. Donc c’était carrément une bonne expérience dans de super bonnes conditions, à Cahors, aux Docks. Après il y en a plein d’autres, chaque première partie a son charme aussi. Berywam j’ai fait leur première partie 2 fois aussi donc à force, on commence a se connaitre, donc c’était super cool.

On en arrive aux deux questions rituelles pour conclure cette interview, si on te donne une baguette magique pour créer ton festival idéal ce festival il se passe où ? 

Alors il se passerait au bord de l’océan, parce que j’adore l’océan, il y aura une programmation de 3 jours, vendredi, samedi, dimanche. Ca serait des groupes vraiment de tous les styles, du reggae, du rock, du rap tout ça parce que je pense que chaque style apporte quelque chose, on est vraiment complémentaires dans la musique… Enfin moi c’est comme ça que je m’inspire en tous cas en écoutant vraiment de tout, voire même des choses qui se passent en classique ou quoi ça serait ouf. Ouais donc une programmation super riche, et voilà un été… vers le 20 juillet ou il y a bien le soleil qui tape bien fort… Ouais voilà ça serai ça mon festival idéal.

Et enfin pour finir est ce que tu as 2-3 projets que tu aimerais nous faire découvrir? 

Alors la il y a La Canaille, c’est assez connu mais il y en a encore beaucoup qui ne connaissent pas, c’est un groupe qui m’a beaucoup inspiré, un collectif parisien, avec Marc Nammour à l’écriture que j’aime beaucoup, leur nouvel album va sortir en juin là, et ça va être je pense un très bon album. Le 3ème album qui s’appelle La Nausée que je vous conseille d’aller écouter.

Après une autre musique que je pourrais vous conseiller… Ah ouais Gael Faye ! qui a sorti son nouveau projet que j’adore, donc ceux qui connaissent pas foncez, écoutez ça et si vous accrochez allez chercher le projet en physique et franchement c’est un très bon artiste.. Qui va m’inspirer je pense pour la suite, parce que vraiment c’est quelqu’un que j’aime beaucoup.

Merci Andréas et à très bientôt ! 

Merci à toi !

Rémy