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Prix d’écriture Claude Nougaro : « Encourager et valoriser la créativité et l’expression des jeunes talents régionaux »

Chaque année, le Prix Claude Nougaro valorise les jeunes plumes de la Région Occitanie. Vous pouvez candidater jusqu’au 15 janvier ! On a posé quelques questions à Dominique Salomon, élue de la Région. Ensemble, on a abordé le rôle de l’institution, la création du prix, le passage de Bigflo et Oli…

Bonjour Madame Salomon. Vous êtes  4e vice-présidente de la région Occitanie en charge de la  Culture. Pouvez-vous nous rappeler le rôle de la Région en matière culturelle ?

La Région considère que la culture est une politique publique à part entière. C’est le sens de la définition de notre nouvelle politique culturelle et patrimoniale souhaitée par la Présidente Carole Delga, fruit d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. Il n’y a pas d’égalité des territoires sans culture, tout comme il n’y a pas de citoyenneté pleine et entière sans cet espace de partage indispensable que sont la création et la diffusion artistique, l’accès au patrimoine, les réalisations audiovisuelles, l’animation dans les musées, théâtres ou festivals. Notre ambition s’exprime à travers quatre axes stratégiques:

  • renforcer l’égalité d’accès à la culture et maintenir un aménagement culturel équilibré du territoire,
  • financer et encourager la création produite en Occitanie et accompagner l’innovation,
  • fortifier l’économie de la culture et du patrimoine
  • accroître la visibilité et le rayonnement à l’international de la culture et du patrimoine d’Occitanie.

Notre volonté est de réduire les inégalités culturelles. Nous revendiquons cette ambition de « culture pour tous et partout » parce qu’elle est synonyme de vivre ensemble, de sentiment d’appartenance et de partage de valeurs.

Pouvez-vous nous expliquer très simplement comment et pourquoi a été créé ce prix d’écriture Claude Nougaro ? 

Le Prix Nougaro est né en 2006 dans l’ancienne Région Midi-Pyrénées sur l’initiative du Président Martin Malvy qui souhaitait encourager et valoriser la créativité et l’expression des jeunes talents régionaux via un grand concours dédié à l’écriture et à la jeunesse.

Pour s’ouvrir aux talents les plus divers et intéresser l’ensemble des jeunes, il a alors été décidé de les inviter à participer à 4 catégories d’écritures différentes : « Fiction » (nouvelle, conte, pièce de théâtre…), « Scénario de court-métrage », « Bande-dessinée » et « Chanson ».

Et si on s’arrête 2 secondes sur le nom… C’est un message fort de donner le nom d’une figure culturelle locale à ce prix !!! 

C’était une évidence. Claude Nougaro qui a fortement marqué le paysage culturel régional et national durant des décennies venait de nous quitter. Avec l’accord de sa famille et notamment de son épouse Hélène, nous avons souhaité marier cette ambition culturelle à destination des jeunes et un hommage à cet immense artiste aimé et admiré dans toute notre région et bien au-delà. C’était un beau symbole. Ça l’est toujours et son nom participe également grandement au prestige du Prix.

 

12eme remise du Prix d’Ecriture Claude Nougaro a Montpellier, le 25 mai 2018

 

Le Prix Claude Nougaro s’adresse uniquement aux jeunes artistes de la Région c’est bien ça ? 

Oui, le Prix d’Ecriture Claude Nougaro a pour vocation de distinguer des œuvres inédites écrites par des jeunes de 15 à 25 ans résidents ou scolarisés sur le territoire régional.  Depuis 2006, plus de 5 500 jeunes ont candidaté et nous constatons une participation en hausse des candidatures avec, et ceci est à noter, une parité garçons/filles de plus en plus marquée.

Cette année, c’est la première fois que le prix devient « occitan » avec la fusion des deux anciennes régions ? 

Non, nous avons souhaité être le plus réactif possible malgré l’immense défi que représentait la réunion des 2 anciennes régions notamment en matière culturelle et le prix s’est ouvert sur l’ensemble du territoire régional dès l’acte de naissance de la nouvelle grande région Occitanie en 2016.

Les jeunes de l’ancienne région Languedoc-Roussillon n’ont d’ailleurs pas tardé à s’emparer également de ce concours et aujourd’hui ils représentent près de la moitié des candidats. Cet équilibre s’est fait tout naturellement et confirme l’intérêt de tous les jeunes pour ce grand concours qui s’est rapidement imposé comme une référence dans le panorama culturel régional.

Dans les lots des gagnants, on note un suivi avec des professionnels… Vous pouvez nous préciser un peu plus ce qui attend les lauréats ? Et peut-être avec qui ils auront la chance de collaborer ? 

Pour chaque catégorie, les quatre 1ers prix Découverte (pour les 15-18 ans) partiront en séjour culturel et littéraire à Barcelone au printemps 2020.  Les quatre 1ers prix Tremplin (pour les 18-25 ans) bénéficieront effectivement d’un accompagnement par un professionnel à la réécriture de l’œuvre primée.

Pour la chanson, les deux lauréats bénéficieront d’un accompagnement professionnel adapté: réécriture, accompagnement musical, composition, interprétation, présence scénique…Ils bénéficieront également d’un enregistrement en studio et du pressage de CD.

Les 4 lauréats de la catégorie Nouvelle participeront aussi aux ateliers du Prix du Jeune écrivain à Muret en juillet 2019.  Concernant l’accompagnement par des professionnels, les lauréats des éditions précédentes ont notamment pu travailler avec Magyd Cherfi, Eric Lareine, Yvan Cujious….  En prime, tous les lauréats recevront un trophée et une tablette numérique.

Cette année le prix sera parrainé par le groupe Cats On Trees

Entre la date de clôture des candidatures, le 15 janvier, et la remise du prix en mai, il se passe quoi ? Comment sont désignés les lauréats ?

Un jury de professionnels composé d’écrivains, réalisateurs, dessinateurs, paroliers, éditeurs, directeurs de salle et de festivals étudie et sélectionne les œuvres présentées par les jeunes auteurs de toute la région. Pour la Catégorie Chanson, une session d’auditions publiques est organisée au printemps dans la salle Le Bijou à Toulouse.  Enfin, une cérémonie ouverte au public récompense en mai l’ensemble des lauréats en présence de la Présidente du Conseil Régional, d’élus régionaux, de membres du jury et d’artistes confirmés.

Cette année le prix sera parrainé par le groupe Cats On Trees, originaire de Toulouse, et présidé par Dick Annegarn, auteur, compositeur et interprète.

La grande fierté de ce prix, c’est d’avoir révélé Bigflo & Oli. Vous avez des souvenirs de leur participation ? Ils sont d’ailleurs reconnaissants puisqu’ils étaient parrain d’une édition c’est bien ça ? 

Oui, ils étaient très jeunes ! Et le Prix Nougaro également puisque c’était pour sa 3ème édition seulement en 2009 !

10 ans déjà et quel chemin parcouru ! C’est vrai que c’est une expérience qui les a fortement marqués et encouragés à poursuivre dans l’expression de leur passion puisqu’ils ont accepté d’en devenir très naturellement les parrains en 2016 pour la 10ème édition. Ils nous ont fait le plaisir de partager avec les lauréats leur simplicité et leur sincérité qui correspondent parfaitement à leur œuvre et à l’esprit originel du Prix Nougaro qui ne s’était donc pas trompé sur leur talent, aujourd’hui reconnu par le grand public et par les professionnels les plus exigeants.

Ils sont maintenant nommés pour les prix les plus prestigieux des prochaines victoires de la Musique dans quelques semaines. Nous leur souhaitons bien évidemment la même réussite que pour le Prix Nougaro.


Mis à part eux, quelques groupes ayant participé qui vous viennent en tête ? 

Entre autres, Pauvre Martin, Camu, Scarecrow (sous le nom de Syncopera), Ma pauvre Lucette, Aurore Chevalier, LOMBRE, Matéo Langlois, Laura Wild, Tristan Barèges…

Avant de se quitter, est-ce que vous aimeriez dire un mot à un jeune artiste qui hésite à candidater ?

De ne pas hésiter justement ! Il n’y a rien à perdre, il y a tout à gagner ! Il faut se lancer avec plaisir dans cette aventure faite pour les jeunes artistes. C’est une opportunité pour progresser dans son expression artistique, gagner en maturité, se confronter une première fois à un regard extérieur bienveillant. Le Prix Nougaro, ce n’est rien d’autre qu’une chance pour grandir.

Merci …. Et on a hâte de découvrir les futurs talents révélés par cette édition !

RDV sur le site de la Région Occitanie pour candidater
Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Région Occitanie

 

Le rap à l’honneur des Parenthèses Acoustiques !

Après avoir programmé des concerts aux esthétiques pop et rock, on a décidé de s’attaquer à autre genre musical pour nos prochaines Parenthèses Acoustiques : le rap. Deux projets locaux viendront jouer en acoustique à la Sainte Dynamo le dimanche 18 novembre.

Le particularités des Parenthèses Acoustiques ? Un concert sans aucune amplification, où les voix et instruments sortent dans leur état pur. Un énorme challenge pour nos musiciens, et un moment d’écoute privilégié pour le public. Ce concert est enregistré en audio par le studio Rimshot et l’album est envoyé au format MP3 aux spectateurs le mois après le concert, afin de pouvoir revivre le moment offert par les deux groupes programmés.

Le premier d’entre eux est suivi par Opus depuis plusieurs années : Lombre. Un artiste qui a été reconnu au Prix d’écriture Claude Nougaro en 2016 puis sélectionné aux Inouïs du Printemps de Bourges pour notre région en 2018. A seulement 20 ans, l’artiste a sortir son premier EP Eau Trouble en novembre 2017. Un talent qu’on a vu à de nombreuses reprises sur les scènes toulousaines ! On a d’ailleurs entendu Lombre en guitare-voix avec cette version made in Opus de La Mutation en avril 2017… Il était au Bijou le 18 octobre, et nous a offert quelques morceaux en acoustique, nous donnant ainsi de beaux indices sur ce qui nous attend à La Sainte Dynamo !

C’est un projet tout frais qui accompagnera Lombre : Idris. Le MC est membre du groupe Fils de Plume avec qui il a sorti l’EP Fragments de pensées en avril 2018. On vous parlait aussi de Fils de Plume il y a plusieurs années avec le morceau L’Envie d’écrire. En solo, Idris nous promet un univers très proche de son crew : un rap poétique et musical. Vous le retrouverez sur scène avec des musiciens d’autres projets locaux…

Deux projets artistiques, l’un que l’on connaît déjà, l’autre que l’on découvrira sur scène en même temps que vous ! Deux projets qui mettront à coup sûr la musique rap et le goût d’écrire à l’honneur. On vous attend donc le dimanche 18 novembre, les concerts débuteront à 17h (PAF 5 euros, comprenant l’enregistrement audio des 2 concerts).

Lien de l’événement Facebook ici

Infos Pratiques : 

Les Parenthèses acoustiques #4
Dimanche 18 novembre à La Sainte Dynamo 
Ouverture des portes 16h30
PAF : 5€ (sur place, pas de pré-vente)
Concert tout acoustique, enregistré en audio par le Studio Rimshot
Album offert au format MP3 au public !

Rémy

Le Bijou : « Continuer à mettre sur scène tous nos coups de cœur »

Quand on pense à une salle toulousaine qui a 30 ans, on pense au Bikini. Et pourtant, Le Bijou est aussi là depuis 3 décennies aussi. Une salle audacieuse, bien évidemment gérée par une équipe de passionnés de musique. On est allé poser quelques questions à Emma et Pascal qui gèrent le lieu pour en savoir plus sur cette maison incontournable de la chanson à Toulouse…

Bonjour Le Bijou ! Je voulais commencer par vous dire Bravo ! 30 ans de scène c’est pas rien…

Bonjour Rémy. Merci pour les félicitations !

C’est vrai que 30 ans, ça commence a faire un sacré bail. On est bien contents que le Bijou soit encore là, aussi vivant et vivace, car beaucoup de lieux ou d’événements disparaissent chaque année. C’est un peu dingue comme durée. 30 ans c’est plus de 350 000 spectateurs, presque la population de Toulouse ! C’est à peu près 4000 artistes, chanteurs, musiciens ou comédiens qui sont montés sur scène. C’est quelques litres de bière et de vin aussi (rires).

Et puis, le Bijou est vraiment une institution toulousaine. Un peu dans l’inconscient collectif des toulousains. On est toujours bluffé et amusé par nos amis ou notre famille qui parlent de nous et du Bijou dès qu’ils croisent un Toulousain ailleurs en France… Nos mamans sont fières (rires) !

Est-ce que l’équipe en place est là depuis les débuts ? Si non, pouvons-nous faire un rappel tour d’histoire de votre salle ?

Pas mal de choses ont changé depuis la création du lieu. S’il y avait à la base 2 créateurs (Philippe Pagès et Patrick Kolpoth, décédé depuis), pas mal de personnes ont gravité autour du lieu.

Il y a eu de grands moments, et des difficultés qui ont bien failli faire disparaître le lieu quasiment à sa naissance. L’époque où le Bijou n’était reconnu par aucune institution a été difficile car déjà le Bijou se faisait un point d’honneur de rémunérer tous les artistes jouant sur scène. Le moment où le lieu est passé d’une salle de concert « debout » où quelques centaines de personnes pouvaient se presser pour voir les Têtes Raides ou 100 % collègues à un lieu de concert assis de 89 places (question de sécurité…) a été difficile à gérer. Mais ce sont des moments que nous n’avons pas personnellement connu : nous sommes arrivés en septembre 2012 quand Philippe Pagès a décidé de passer la main.

Le Bijou a toujours été un lieu dédié à la chanson ?

Si quelques expériences artistiques ont été tentées au début (big band de jazz, cirque, théâtre), le Bijou est vite devenu une salle dédiée à la chanson. C’était la volonté de l’association de valoriser les artistes émergents et la chanson d’expression francophone. À force, le Bijou est devenu nationalement reconnu pour son travail. Je crois que c’est l’exigence artistique, celle dans laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui, qui a permis de donner cette image au Bijou.

Quand vous avez repris la salle, vous avez hésité à diversifier la couleur musicale du lieu ?

On a donc repris en septembre 2012. Quant à la couleur musicale, il n’était pas question d’y toucher. C’est pour la chanson que nous sommes venus. C’est une esthétique qui nous colle à la peau depuis des années. Alors bien entendu, on fait quelques écarts vers le jazz ou les musiques du monde, mais on reste majoritairement chanson.

Par contre, il faut préciser que « chanson », c’est un terme générique qui inclut une multitude d’esthétiques différentes : chanter en français n’interdit pas de faire des incursions dans des modèles électro, pop ou rock. Et on adore aller chercher des artistes qui brouillent les pistes comme ça.

J’aimerais qu’on s’arrête un petit peu sur un concept complètement fou que vous organisez : Les soirées  osons, où des inconnus viennent présenter leur projet. Vous pouvez nous en dire plus ?

Osons, c’est des auditions publiques. et ça existe depuis plus de 15 ans. Au départ, ça s’appelait les Joueurs de Voix, d’ailleurs. Le principe est donc de ne pas sélectionner les artistes en amont. Tout le monde peut venir chanter quelques chansons sous réserve de respecter quelques règles basiques : ne pas faire de reprise, avoir un son plutôt acoustique, et chanter de préférence en français.

Sur scène, c’est très amusant car on trouve tous types d’artistes : des jeunes qui montent sur scène pour la toute première fois, des artistes confirmés qui viennent tester quelques nouveaux titres avant de les enregistrer en studio, des amateurs éclairés, des artistes qui veulent être vus pour être ensuite programmés ici ou ailleurs… Il y a tellement de demandes pour venir y jouer qu’on a été obligé de limiter aux artistes régionaux. mais la région est grande : de Perpignan à Mende ou de Auch à Nîmes, il y a de la marge !

Quelques exemples de groupes découverts avec les soirées Osons ?

Parmi les Toulousains, on peut citer Manu Galure, qui a entamé sa deuxième année de tour de France à pied et en chanson, Chouf ou Jules Nectar, que nous recevons encore régulièrement. Ou encore Strange Enquête. Il y aussi Gauvain Sers, qui est monté sur une scène pour la toute première fois sur un Osons en 2011 et qui depuis a fait quelques dizaines de premières parties de Renaud l’année dernière, avec un énorme succès.

L’autre particularité du Bijou, c’est l’heure de concert : après le repas, à 21h30. Pourquoi ce choix ?

Ca fait partie des choses que nous n’avons pas changé à notre arrivée. Parce qu’une bonne soirée de concert passe aussi par la possibilité de prendre un bon repas. À titre personnel, on trouve qu’un concert à 20h30 c’est casse-pied : pas le temps de manger avant, à part un sandwich sur le pouce, ni après car peu de restaurants restent ouverts après 22h30. Du coup, avec un concert à 21h30, on a le temps de manger avant, de discuter et de refaire le monde puis d’aller au concert. Certains disent que c’est tard. Peut être un peu mais par contre : on commence à l’heure ! Si tu arrives à 21h33, tu as raté le début.

Le Bijou accueille une très belle date mi octobre avec deux jeunes talents : Laura Wild et Lombre. Comme quoi, la chanson n’est pas réservé qu’aux quadra !!!

Ah mais bien sûr ! Il y a tout un tas de jeunes artistes dans la région qui n’ont rien à envier à leurs aînés, et qui font une chanson « actuelle ». Si on prend le cas de Lombre, c’est un super auteur qui utilise le rap pour passer son message. Ses productions musicales sont terribles, il est accompagné par un guitariste qui apporte une touche acoustique au concert. Il a trouvé un équilibre étonnant pour un artiste de son âge.

En ce début de saison, on fait la part belle aux tout jeunes artistes ou projet très récents. Nous avons accueilli le tout nouveau spectacle de Claire Gimatt, ainsi que Matéo Langlois qui a fait une performance incroyable.

Une autre belle date arrive en octobre avec la release de Joulik. Mais vous, quelles dates voulez-vous nous présenter dans la saison ?

C’est pas facile de mettre tel ou tel artiste en avant. Tous ceux qui sont sur le programme, ce sont des artistes que nous avons vus sur scène, que nous avons appréciés, avec qui nous avons vibré. On a éventuellement discuté ou bu un verre (ou plus…) avec eux après le concert… On les aime tous, en fait.

Si on doit en citer, on retiendra quand même les projets menés par les 2 anciennes du groupe Orlando : BEL ARMEL et AÏDA. Elles ont toutes les 2 pris des chemins très différents. On aura aussi une belle soirée consacrée à l’accordéon avec Clara Sanchez et Yvette not dead. Et on pourrait aussi citer la centième du Cabaret All’Arrabbiata début novembre.

Le Bijou ne fait pas qu’accueillir, vous accompagnez des artistes, comme Strange Enquête. C’est un gros du travail du Bijou cet accompagnement ? Et comment il se concrétise ?

C’est la partie immergée de l’iceberg. Ça ne se voit pas, mais ça prend du temps et de l’énergie. C’est un peu fou, mais c’est ce qui nous fait vibrer aussi. Pour Strange Enquête, par exemple, c’est un groupe qu’on a vu pour la première fois sur scène en septembre 2012 au  Bijou. C’est Philippe Pagès qui les avait vu une première fois sur une audition publique « Osons ». On a vu ce concert devant un public plus que clairsemé. Et pourtant, il s’est passé quelque chose… Je ne sais pas quoi, mais ça fait maintenant 6 ans qu’on travaille avec eux. Qu’on vit avec le groupe les bons et les mauvais moments. Qu’on avance ? Et je crois vraiment que ça fait partie des choses qui nous font vibrer.

Concrètement, on passe du temps avec les artistes, on discute soit de leur fonctionnement administratif, soit d’artistique. On parle du développement du projet. On voit ensuite comment intervenir : aide financière ou administrative, aide à la tournée… On peut agir sur pas mal de choses. En tous cas, on utilise notre connaissance des réseaux “chanson” pour les aider à avancer. Et bien entendu, il y a un préalable, une choses sur laquelle seul l’artiste peut intervenir : la qualité et le professionnalisme du projet.

On en arrive aux questions rituelles chez Opus… La première : si vous pouviez organiser votre festival rêvé, vous faites jouer qui et où ?

On dit souvent pour rire : “Quand on sera grand, on sera Alain Navarro.” Pause Guitare est pour nous LE festival. C’est à la fois humain et chaleureux, de par l’équipe qui l’organise et la nuée de bénévoles tous à l’image du couple Alain et Annie. Il y a d’un côté les découvertes, et de l’autre des concerts “grand public” sur l’immense scène de Pratgraussal. Chaque année c’est encore plus gros, encore plus beau, avec encore plus de monde. Vraiment bluffant !

Du coup, le rêve d’Emma serait de mettre sur la scène de Pratgraussal The Cure et Hawksley Workman, un artiste canadien découvert il y a 10 ans qui est juste incroyable. Mais tout cela n’est pas très “chanson française” donc plus sérieusement, Loic Lantoine et le Very Big Experimental To be Free Orchestra, Thomas Fersen et Imbert Imbert.

Bon mais ce ne sont que des garçons… et la parité ? Version fille sur une plus petite scène intimiste :  Camille et Juliette, Melissmell, Camille Hardouin et Léopoldine HH !

Et enfin, si vous vouliez nous faire découvrir 3 projet, auxquels pensez-vous ?

Seulement 3, c’est vraiment trop dur… On va tricher et en donner discrètement un peu plus, juste pour que le lecteur découvre s’il est un peu curieux : Camille Hardouin et Valérian Renault sont 2 artistes hallucinants. Léopoldine HH est une sorte d’extra-terrestre comme on les aime.

Et en Région, on pourrait parler de Archibald, que nous accompagnons. Il fait une sorte de rap acoustique vachement bien réalisé. Il a d’ailleurs fait une quinzaine de premières parties de Sanseverino au printemps dernier. Il prépare actuellement un bel album et un tout nouveau spectacle pour le début de l’hiver 2019.

On termine avec les “Monologues d’un Code-Barre” de Jérôme Pinel (c’est le chanteur-Slammeur de Strange Enquête). C’est un solo de slam/poésie brute. Une heure et quelques de texte théâtralisé. C’est juste une magnifique performance. On va essayer de l’emmener à Avignon cet été pour lui donner un peu de visibilité.

Et le mot de la fin. Notre rêve est de pouvoir continuer à mettre sur scène tous nos coups de cœur, sans se soucier de n’avoir que 3 personnes dans la salle. Que le public soit présent en nombre à chaque fois car assez curieux pour venir un mardi soir découvrir un artiste inconnu mais qui lui procurera des émotions, de la joie, du bonheur ! On a créé le hashtag #osezdecouvrir. Finalement c’est simple : il suffit d’éteindre sa télé et de sortir voir du vivant !

Merci à vous deux pour ces réponses ! 

Merci Opus, Merci Rémy. et à bientôt !

Rémy