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Interview Connexion Live : « A coeur de refaire des productions en notre nom »

Le 7 décembre 2017, le Connexion Live accueille Holy Two et The Seventeen ! Une date un peu plus particulière que les autres cette année puisqu’elle marque le retour de la salle de Gabriel Péri en tant que producteur de concerts ! Rencontre avec Justine Miozzo et Camille Chiso, deux forces actives du lieu…

Bonjour Justine, bonjour Camille. Vous faites partie de la team du Connexion Live, pouvez-vous nous expliquer votre rôle dans la structure ?

Salut Rémy et toute la communauté OPUS ! En effet, nous formons le binôme du bureau de prod’ de Connexion Live. Camille s’occupe de la programmation et de la production, Justine est en charge de la communication et des partenariats !

Le Connexion Live est un incontournable de la scène locale. Comment est née l’aventure de cette salle ? 

Avant d’accueillir des concerts, il y avait ici une station service, d’où les nombreux bidons pour rappeler le passé du spot :). L’aventure a commencé il y a une dizaine d’années, lorsque notre boss a voulu créer un lieu hybride en plein coeur de Toulouse, entre bar et musique. Les lieux ont beaucoup changé depuis, et la déco est en perpétuelle évolution… On aime particulièrement ce patchwork de matières, qui reflète la pluralité des styles musicaux et disciplines artistiques qu’on accueille : musique bien sûr mais aussi danse, vidéo & mapping ou encore photographie.

D’ailleurs, tout le monde ne sait peut-être pas d’où vient le nom ?

Entre le garage et les concerts, il y a eu un magasin de matériel hi-fi de la marque « Connexion ». On a d’ailleurs conservé l’enseigne, toujours visible de loin sur l’extérieur du bâtiment, qui est un peu notre emblème finalement ! À l’ouverture, l’établissement s’appelait Connexion Café, le « Live » étant apparu il y a quelques années pour mieux coller aux activités de concerts.

 

Chill Bump au Connexion Live. Crédit @Manondez

Le Connexion Live organise une belle date le 7 décembre. Une date produite par la salle ! Pourquoi ce retour à l’organisation de concert ?

Nous avions à coeur de refaire des productions en notre nom, car c’est une partie vraiment passionnante de notre boulot, qui commençait un peu à nous manquer… Une production, c’est un peu notre « bébé » : on choisit les artistes qu’on a envie de voir jouer sur notre scène, on s’occupe de tout de A à Z, du booking à l’accueil des artistes en passant évidemment par la promo autour de la date…

C’est pas finalement plus simple de rester une structure qui accueille des concerts ?

Ce n’est pas forcément « plus simple » en fait ! On a tout autant d’administratif et de communication à faire pour tous les événements que nous accueillons ici. La différence c’est surtout qu’une prod a des implications plus importantes, qu’elles soient « émotionnelles » ou financières !

On est en tout cas très heureux de vous retrouver actifs sur la scène locale ! Comment s’est dessiné le choix artistique avec Holy Two ?

Nous avons entendu parler de ce groupe il y a plusieurs mois. Le premier contact s’est fait par le booker du label Coldfame Records, qui gère aussi le groupe Last Train que nous connaissons bien à Connexion Live, qui nous a fait une proposition de programmation. La toute première écoute de l’EP « A Lover’s Complaint » a été un coup de coeur quasi instantané ! On a adoré notamment les morceaux Face It et Undercover Girls, et on s’est dit qu’on adorerait les faire jouer ici… et que c’était l’occasion rêvée de relancer – petit à petit – les productions.

En première partie, on retrouvera un talent local, le duo The Seventeen. C’était primordial de mettre en avant des toulousains ? 

Autre duo, autre coup de coeur ! On a découvert The Seventeen en janvier dernier, lors du tremplin « Musique de RU » organisé par le CROUS Toulouse, qui nous avait proposé de faire partie du jury. Dès les premières notes, la magie a opéré et, là aussi, on a tout de suite accroché ! On a même réussi à faire créer un prix spécial « Coup de coeur du jury » (qui n’existait donc pas) rien que pour eux… Quand la prod de Holy Two s’est dessinée, on a tout de suite pensé à eux et à notre envie de les voir jouer en première partie d’un de nos concerts ! Plus globalement, on pense qu’il est effectivement primordial de donner l’opportunité à des groupes locaux de se produire sur une scène telle que la notre. Et c’est une petite fierté que d’accueillir The Seventeen, après les avoir fait gagner ce tremplin.

On en arrive aux questions rituelles chez Opus : si vous deviez organiser votre festival idéal, il se passerait où et vous feriez jouer qui ?

On ne s’est jamais vraiment projetées dans l’idée d’une telle aventure, mais si on devait organiser un festival, ce serait ensemble toutes les deux au soleil et au bord de la mer et avec des musiques actuelles et électroniques…

Enfin, si vous aviez toutes les deux 2 ou 3 projets musicaux à nous faire découvrir ?

Au niveau local, il y a énormément de petits collectifs et assos qui bougent, notamment dans les musiques électroniques. On pense par exemple au collectif Pétrole que nous avons adoré voir jouer au Connexion Live et qu’on espère revoir bientôt ! Il y a aussi 17h46, qui vont d’ailleurs s’occuper de vous faire danser juste après Holy Two et The Seventeen puisqu’ils mixeront après le concert ! Côté musiques actuelles, on écoute pas mal de trucs en boucle, parfois un peu trop d’ailleurs (rires) ces derniers temps : Inuït, French79, Bosco Rogers, You Man…

Merci à vous et on se retrouve le 7 pour cette belle date ?

Merci Rémy, on espère vous voir nombreux le jeudi 7 décembre, ça commencera vers 20h et des préventes à 8,80€ sont dispo en ligne !

Toutes les informations sur l’event Facebook et sur le site Internet du Connexion Live

Interview Eddy de Pretto : « La musique est au service des mots »

Opus et Néo se sont associés à l’occasion de la tournée des Inouïs du Printemps de Bourges, pour interviewer les 4 groupes présents au Metronum, théâtre de la première date de cette saison. Après le lauréat 2015 et 2016, Last Train et Clément Bazin, on a rencontré le grand gagnant 2017 : Eddy de Pretto.

Bonjour Eddy, tu es lauréat des Inouïs du Printemps de Bourges cette année. Que t’as apporté ce tremplin?   

Ecoute, déjà une tournée qui commence aujourd’hui à Toulouse, j’suis hyper content. Et plein d’autres dates ! Ca m’a apporté aussi de la visibilité professionnelle et un public. Et un beau trophée aussi qui est chez moi.  

Habitué des tremplins tu es aussi lauréat des Inrock Labs 2016 : ces tremplins deviennent-ils indispensable pour un artiste aujourd’hui?  

Pas forcément mais ça peut nous aider en effet à faire évoluer notre projet, surtout le faire voir, gagner en visibilité, mais y’a tellement d’autres moyens de développer un projet ! Ca en est un, ouais, en effet.  

Ta musique croise, avec justesse, chanson et influences rap. Comment as-tu dessiné cette couleur musicale ?  

J’ai pas dessiné de couleur musicale justement, cela c’est fait juste en fonction de mes influences, de ce que j’avais envie de mettre, tout en conservant le plus possible les mots. Ca a donné cette musique mais toute cette musique est au service des mots, j’pourrais dire que ce sont les mots qui ont plutôt influencé la musique.  

Kid, ton premier EP est sorti la semaine dernière, comment on se sent les premiers jours après la sortie?  

Euh ben écoute…très bien (rires), il a été super bien accueilli par les médias et par le public, donc y’a pas mal de choses qui se passent. Après la sortie de l’EP c’est bien, ça ouvre les perspectives à des choses encore plus grandes.  

Pourquoi un EP, plutôt qu’un album? 

Parce que c’est ma manière de rentrer dans le game, tout simplement en disant « voilà coucou je suis là, coucou j’arrive » et peut-être que la prochaine fois l’album sera d’autant mieux, mieux, juste mieux, ahaha.  

Tu as collaboré pour cet EP avec les producteurs de Booba et de PNL, comment s’est faite la rencontre?  

J’avais rencontré pas mal de producteurs, il se trouve qu’ils ont étaient les meilleurs, en tout cas pour danser mes titres et les faire un peu rebondir comme je voulais. C’est ce que je cherchais depuis le début de faire groover le français, ça a été assez facile de coopérer, c’est eux qu’il me fallait. 

On t’a découvert avec Fête de trop, si tu devais donner envie aux gens qui ne connaissent pas ce titre de l’écouter, que dirais-tu ?

J’essaie de décrire le moins possible ma musique donc je sais pas comment décrier ce titre là… J’dirais entêtant ! 

Fête De Trop c’est aussi un clip assez original entre monologue tourné face à un miroir, images tournées au téléphone et multiplications de vidéos de toi. Pour un premier clip c’était important de faire connaître ton visage ? 

Oui oui oui c’est un projet qui me raconte énormément, qui me défini, qui est très axé sur moi. C’est mes histoires, mon moi, enfin tous mes problèmes, mes questionnements. Donc oui j’avais envie d’incarner au maximum mon projet par celui qui l’écrit et celui qui l’a créé de toutes pièces, du coup j’avais envie d’être la personne face caméra. Même pour Kid on me retrouve face caméra et j’ai envie de garder cette image de silhouette un peu définie qui est représentée par “le moi“ de la chanson.  

Tu es une preuve de plus que l’on peut chanter en français avec des textes puissants, tu te veux défenseur de notre langue ?  

« Défenseur de la langue », je sais pas c’est un grand mot. Moi ça m’a toujours parlé le français, j’ai jamais aimé chanter dans une autre langue. En anglais ça me mettait pas les poils, alors que quand je chantais en français ça me les mettait. Ma langue maternelle je m’y retrouvais énormément, la sensibilité était claire, nette et précise donc c’est pour ça que j’avais envie de la défendre.  

Sur scène, tu fais des lancements avec un iPhone. D’où te vient cette idée ?  

Basiquement parce que je suis toujours avec mon iPhone et que j’avais envie de questionner cette image de silhouette toujours branchée à son iPhone, même sur scène, même pour lancer la musique et même pour servir le propos que je voulais défendre : c’est à dire juste des mots, une musique et une mise en scène très minimaliste, donc juste une batterie, moi, et un iPhone qui lance. J’trouvais que c’était assez graphique et que c’était d’autant plus incisif pour le projet, j’trouvais que c’était beaucoup plus fort, beaucoup plus puissant pour juste défendre le mot encore une fois.  

C’est quoi l’avenir d’Eddy De Pretto ? 

L’avenir d’Eddy De Pretto c’est surtout un album, printemps 2018, et puis plein de choses j’espère, des victoires et des victoires.  

Si tu imagines ton festival idéal, il se passe où et tu fais jouer qui ? 

Mon festival idéal ? J’ferais jouer… Première partie Bibi Bourelly, en seconde partie Jorja Smith et en troisième partie Frank Ocean, que des anglais d’ailleurs, voilà, ce serait un festival anglais. 

Merci Eddy ! On se donne rendez-vous au printemps pour ton premier album !

Interview réalisé par Vanessa,
retranscrit par Clément Cazaubon (Néo Toulouse)

Pour écouter l’interview :

Interview Clément Bazin : « Le steel drum, une signature dans mon son »

Opus et Néo se sont associés à l’occasion de la tournée des Inouïs du Printemps de Bourges, pour interviewer les 4 groupes présents au Metronum, théâtre de la première date de cette saison. Après le lauréat 2015 Last Train, rencontre avec Clément Bazin, lauréat 2016 des Inouïs du Printemps de Bourges.

Bonjour Clément ! Tu es producteur de musique électro, dans tes morceaux il y a des sonorités House, des sonorités Hip-Hop, comment tu te définis ? 

Bonjour ! Je me sens effectivement plus proche de la House, que de la Techno par exemple, qui sont 2 grandes familles de la musique électronique. J’ai grandi dans les années 90 où c’était le Hip-Hop, je crois, qu’on écoutait le plus à l’école ou à la radio. L’instrument que je joue aussi, est un peu la troisième influence, le steel drum avec lequel j’ai grandi.

Justement tu joues de cet instrument tout à fait particulier, le steel drum, qu’on a le plaisir d’entendre sur pas mal de tes morceaux, est-ce que tu peux nous expliquer ce que c’est et d’où te vient l’idée de l’utiliser?  

Le steel drum c’est le dernier instrument acoustique inventé au monde, un instrument qui vient de Trinidad et Tobago, 2 petites îles au dessus des Caraïbes et c’est une percussion mélodique, comme le xylophone ou le vibraphone. C’est fait à partir d’un bidon de pétrole, donc c’est vraiment issu de la récupération. Maintenant on fait des bidons en acier exprès pour ça, mais c’est un bidon de pétrole. C’est une famille d’instruments, moi je joue du soprano et de l’alto, j’ai commencé tout petit, j’avais 11-12 ans j’crois, dans des orchestres, une formation dans lequel y’a que des steel drums. C’est mon premier instrument de musique, je l’ai incorporé à la musique électronique que je me suis mis à faire des années après quoi, à 11-12 ans je faisais pas encore ça (rires). 

Clément Bazin à Toulouse @ Manon Fernandez

Dans le style tu fais partie de la génération Fakear, MØME, Petit Biscuit et bien d’autres, à part cet instrument si tu pouvais donner une différence de ton univers par rapport aux leurs ? 

C’est clair que le steel drum c’est une signature dans mon son, on en entend de plus en plus maintenant mais moi je les ai avec moi sur scène, j’improvise pas mal dessus, ça a forcément une signature dans le son et même dans la scénographie qu’on peut avoir. Après y’a pleins de trucs communs finalement maintenant dans la musique électronique, des instruments comme les pads, on voit de plus en plus un équipement commun à toute cette scène.

Tu viens de sortir un EP qui s’appelle “US“, pourquoi ce nom?  

C’est un hommage aux collectifs en fait, à l’équipe, au crew, à la « clique », avec laquelle tu fais tes choses, et c’est pour ça que je l’ai appelé US pour rappeler l’importance de faire des choses avec des gens, pour se nourrir des influences et des talents de chacun. C’est le deuxième EP que je sors chez Nowadays Records, ça a beau être un projet solo des gens m’entourent. J’ai fais une jacket de l’EP où y’a plein de monde, c’est vraiment un clin d’œil au collectif.

A propos de collaborations justement sur un des morceaux, Distant, tu collabores avec la chanteuse Lia, est-ce que tu peux nous raconter cette rencontre? 

On s’est rencontré à Montréal l’année dernière, j’suis allé jouer au MEG, festival des musiques électroniques de Montréal, et j’ai rencontré pleins de gens là-bas, plein de chanteurs, un super collectif de Hip-Hop qui s’appelle Les Ragers, ils nous ont connectés parce que j’étais avec les gens de mon label “Nowadays“, avec pleins de monde dont Lia avec qui on a vachement sympathisé. En rentrant à Paris on a gardé le contact, j’lui ai envoyé des maquettes et on a fait ça à distance. On a fait Distant du coup, je suis retourné à Montréal pour un festival y’a quelques semaines et on a ré-enregistrés de la musique ensemble. C’est une belle rencontre qui dure. 

Pourquoi cette fête foraine pour le clip de ce morceau ? 

On trouvait que c’était un beau décor, on voulait faire une déambulation en fait autour d’une soirée dans un groupe de potes et les fêtes foraines c’est assez marrant, on trouvait que c’était cool d’aller shooter une soirée dans cette ambiance là. 

Au sujet des clips, je voudrais revenir sur celui de Come To This qui date de 2014, avec toujours un grand contraste entre le noir, la nuit, l’obscurité d’une part, et puis des lapins, des voitures, d’autres objets aux 1000 couleurs. C’était quoi le message dans ce morceau? 

Come To This est dans un EP qui s’appelle “Night Things“. Cet EP, c’est une mini capsule autour de la nuit, de ce qui peut t’arriver dans une soirée, du début de soirée jusqu’à l’apéro à un concert, sortir en boîte, rentrer au petit matin… On voulait faire un clip sur la rêverie qu’il peut y avoir quand t’es en voiture et qu’il fait nuit, t’écoutes de la musique, et que tu tripes un peu à regarder le paysage au loin, et voilà d’où les petits lapins, c’était un délire un peu psychédélique (rires).

Pour revenir sur les Inouïs du Printemps de Bourges, en quoi consistes ton rôle de parrain pour la tournée? 

C’est juste une passation des lauréats anciens et des suivants et c’est assez simple là tu vois on va passer la semaine à discuter, à parler de ce qui s’est passé l’année dernière pour certains, ce que vont faire les autres cette année, après j’ai pas de rôle plus poussé que ça tu vois vis à vis des lauréats ou ceux d’avant qui étaient avant moi. 

Et qu’est-qui a changé pour toi justement depuis les “Inouïs“ de l’année dernière que tu avais gagné ?  

Plein de choses! C’est une super opportunité, ça commence avec la candidature aux “Inouïs“, puis une première pré-sélection par région : nous c’était au “Trabendo“ à Paris. Puis si t’étais sélectionné t’as le droit d’aller jouer au Printemps de Bourges pendant le festival, ce qui est une super exposition. T’as des concerts qui s’enchaînent sur 2 scènes non-stop avec tous les “Inouïs“ qui jouent à la suite.
Et depuis plein de trucs ! Le fait d’aller jouer au Printemps de Bourges dans le cadre des “Inouïs“ c’est vraiment cool déjà de base, et après tu rencontres pleins de pros, pendant ce Printemps de Bourges, pendant les Inouïs, pendant les pré-sélections. Tu vois un an après, tu te retrouves à faire une semaine de tournée dans dans pleins de super salles avec les groupes qui sont là.

C’est quoi le futur pour Clément Bazin ? 

Un album j’suis en train de bosser sur un album là… 2017 c’était beaucoup de dates depuis les Inouïs et le Printemps de Bourges. Là je suis en train de finaliser l’album il sortira en  hiver 2018 et après printemps-été pleins de dates, voir comment se passe tout ça mais là c’est finir l’album pour le sortir l’hiver prochain ouais, c’est déjà le gros challenge en plus des dates et de la tournée qui va jusqu’à fin novembre !

Merci Clément !

Interview réalisé par Estelle Tréville,
retranscrit par Clément Cazaubon (Néo Toulouse)