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Jim’s Prophecy : « Cela faisait un petit moment que je pensais au financement participatif, sans oser »

Il y a 6 mois est apparu sur le parking du tiers-lieu Le Multiple (qui rassemble Les Imaginations Fertiles, Artilect, assos, artistes, artisans…) un bus store dédié aux musiques électroniques appelé Jim’s Prophecy. À la tête de ce projet Thierry Genibre, qui travaillait à l’ouverture de ce lieu insolite depuis déjà 3 ans. 

Lors de l’ouverture en avril, tu t’es attiré les regards de beaucoup médias y compris la presse spécialisée nationale. Au moment de son premier demi anniversaire où en est l’activité de ce jeune concept toulousain ?

Même si je reste en phase de lancement d’activité (avec des hauts et des bas au niveau de la fréquentation), petit à petit je commence à avoir une clientèle régulière avec qui je prends un plaisir énorme à échanger autour de la musique… Après j’en suis bien conscient, constituer une clientèle fidèle et régulière ne se fera pas en quelque mois. Il faut être patient… et surtout rester motivé. Mais le fait de voir fréquemment de « nouvelles têtes » arriver au bus m’aide à garder le cap !
J’organise quasiment chaque samedis des events au shop, ça me fait super plaisir de voir les gens passer un moment sympa dans ce bus où j’ai tant travaillé. Sinon pas mal de projets sur le feu, avec, notamment, le lancement très bientôt d’une série de podcasts.

Peux-tu nous en dire plus sur le lancement de podcasts ?

Ces podcasts seront sur la thématique des musiques électroniques au sens large : house, techno, electro… musiques plus expérimentales.

Pourquoi solliciter le public aujourd’hui via Leetchi ? L’objectif de 3000€ représente quoi pour l’activité ?

J’ai dû faire les travaux d’aménagement du bus seul. Je m’étais fixé 6 mois max, mais même en travaillant 7j/7 ça m’a pris 16 mois ! Et forcément les charges mensuelles (loyer, assurance…) que je payais aussi pendant la durée de ces travaux ont directement impacté le budget initialement prévu pour le fond de roulement de l’entreprise. Or je suis toujours en phase de lancement de mon activité et c’est bien connu il faut de la trésorerie, surtout quand on commence. De plus j’ai découvert dernièrement un pneu crevé et ça ce n’était pas prévu… je te laisse imaginer le prix d’un pneu de bus ! Jim’s Prophecy n’est pas directement en danger à ce jour mais ce serait très dangereux de continuer comme ça sans avoir suffisamment de trésorerie. Cela faisait un petit moment que je pensais au financement participatif, je n’osais pas trop puis j’ai fini par me dire : « t’as pas trimé comme un bagnard dans ton bus pendant un an et demi pour rien, quand faut y aller faut y aller ! »

Est-ce que tu songes à faire bouger le bus ? 

Le tiers-lieu qui m’héberge va bientôt disparaître car vendu pour un projet immobilier donc par la force des choses je vais devoir bouger et m’installer sur un nouvel emplacement. J’ai semé quelques graines et des pistes sont en cours mais rien n’est fait. Je recherche donc activement ! À bon entendeur 😉

Parle-nous des sessions mix que tu organises le samedi ?

J’en organise quasi tous les samedis et bien entendu c’est gratuit. J’y reçois avec grand plaisir les acteurs de la scène locale : DJ sets, lives… et le tout est diffusé en direct sur ma page Facebook. Ce sont des moments super sympas où les gens échangent en toute simplicité autour d’une bière ou d’un café. Je tiens vraiment à ce que le shop ne soit pas juste un commerce (et je ne dis pas ça de manière péjorative) mais aussi un lieu culturellement vivant.

 

Peux-tu raconter à nos lecteurs qui ne la connaitrait pas, la fameuse prophétie de Jim ?

Ça vient d’une interview de Jim Morisson il y a 50 ans en arrière, en 1968 plus exactement. On lui demande comment il voit le futur de la musique, il répond alors qu’il imagine beaucoup plus la présence de l’électronique dans la production et imagine une personne sur scène entourée de machines, bandes magnétiques.. en train de chanter ou simplement parler. On peut dire que ce mec était un visionnaire…

Nous avons deux questions rituelles chez Opus, si tu pouvais imaginer ton festival idéal, il se passe où et tu fais jouer qui ?

Il se passerait à Toulouse bien entendu ! Pourquoi pas au jardin Raymond VI, Les siestes électroniques s’y déroulaient avant et je trouvais le lieu génial..

Je commencerais en fin d’après-midi avec un petit live ambient de Brian Eno (en toute simplicité…), suivi d’un live du Moritz Von Oswald Trio puis un petit live du trop rare Larry Heard (précurseur de House à Chicago), un petit peu d’electro avec Dopplereffekt (Detroit) et je finirais avec un dj set de Theo Parrish. Voilà rien que ça !

Enfin, quels sont les 2 ou 3 projets musicaux que tu aimerais nous faire découvrir ?

J’ai récemment découvert l’album Synthònia de l’italien Dyno sorti l’an dernier sur l’excellent label Mondo Groove. Un album planant et hypnotique plutôt ambient/expérimental dans lequel la TB -303 est très présente. Je le trouve très intense.

Dans un autre registre je conseillerais le dernier album du canadien DEADBEAT, Waking Life, sorti en avril sur son label BLKRTZ. J’adore le travail de cet artiste autant pour ses productions expérimentales que pour son côté dub-techno comme c’est le cas sur cet album.

Vanessa

Retrouvez ici les évènements organisés par Jim’s Prophecy

Jazz sur son 31 : « Le jazz par sa richesse et son histoire doit être amener au plus grand nombre »

Le 9 octobre, le département de la Haute Garonne lance la 33e édition de son festival Jazz sur son 31. Une occasion pour nous de poser quelques question à son programmateur, Soufiane Djaffer qui nous présente l’édition et ses temps forts !

Bonjour Soufiane. Tu es dans le milieu musical toulousain depuis de nombreuses années ! Après Le Metronum, on te retrouve au pôle Musiques Actuels au Département. Quel est ton rôle ?

Au sein du conseil départemental et de la direction des art vivants et visuels, je suis chef de service du pôle musiques actuelles et cultures urbaines, on a en charge la programmation et l’organisation du festival Jazz sur 31, la semaine des cultures urbaines, la fête de la musique, le banquet républicain et on intervient sur 3 concerts du festival 31 Notes d’été.

L’actu du moment, c’est le festival Jazz sur son 31, du 9 au 20 octobre. Un événement que tu dois suivre depuis plusieurs années on imagine… As-tu des souvenirs marquants parmi les éditions précédentes ? 

J’ai eu de la change par le passé d’être un des régisseurs du festival ce qui m’a permis de voir beaucoup de concerts mais s’il fallait en retenir un je pense de suite au concert du pianiste McCoy Tyner en 2010 à Pibrac, tout simplement magique.

Ce festival propose plus de 70 concerts , 30 concerts dans votre maison au Pavillon République dont la moitié à 5 euros et 1 événement gratuit. C’est dans la volonté du festival de rendre cette musique accessible au plus grand nombre ? 

Plus précisément il y a 72 concerts dont 14 concerts à 5€ et un gratuit au Pavillon république. Ceci est inscrit dans l’ADN, la culture pour tous et partout. Le jazz par sa richesse et son histoire doit être amené au plus grand nombre mais cette volonté s’applique à tous les projets qui émanent du conseil départemental, le citoyen est au cœur de notre réflexion et de notre démarche.

On soutient au quotidien le tissu associatif, les acteurs locaux et les artistes

L’édition 2019 est un voyage : quelle est la destination qui t’attire le plus dans cette prog ?

Naturellement je dirais le Moyen-Orient mais l’Angleterre pour son audace est une très belle destination.

Tu sais qu’avec Opus on est très chauvins : et on retrouve quelques locaux dans la programmation ! Emile Parisien, Lorenzo Nacarato Trio, Shaman… C’est naturel aussi pour vous de valoriser ces projets ? 

Complètement on soutient au quotidien le tissu associatif, les acteurs locaux et les artistes, on a une telle richesse locale, que sur le festival il représente un grand pourcentage de la programmation.

Quel est ton top 3 des moments à ne pas rater dans ce riche programme ? 

C’est difficile de faire un choix mais je dirais Theon Cross  Tubiste de Sons of Kemets au Taquin le 19 Octobre, Farej Suleiman au Pavillon république le 11 Octobre à 18H30 et Abraham Inc le 20 octobre au Bikini. 

Votre territoire, la Haute Garonne, vous permet aussi de jouer dans des salles en dehors de Toulouse. C’est compliqué pour un festival cette itinérance ? 

Non ceci n’est pas compliqué, dans tous les domaines de compétence on couvre au quotidien tout le territoire de la Haute Garonne et en ce qui concerne le festival on s’appuie sur des acteurs locaux en l’occurrence dans ce cas-là, c’est la fédération des foyers ruraux et les communes participantes.

Il ressemble à quoi le public de Jazz sur son 31 : des amateurs du genre, des gens qui découvrent l’esthétique ? Dis-nous tout ! 

C’est un public de connaisseurs qui mêle tous les âges, curieux et très exigent. 

Et enfin question rituelle chez Opus : quels sont les 3 artistes que tu aimerais nous faire découvrir ? De la prog’ ou non 🙂 

Juste 3 un sacré challenge, Alfa Mist, Yazz Ahmed et puis hors festival le rock psychédélique The Psychotic Monks. 

Rémy

Retrouvez toute la programmation sur le site de Jazz sur son 31

Studio Rimshot : « La scène toulousaine est très diversifiée, il y a beaucoup de groupes et beaucoup de groupes de qualités »

Le dimanche 22 septembre, comme pour nos précédentes Parenthèses Acoustiques, le Studio Rimshot sera à nos côtés pour enregistrer le concert pour pouvoir l’offrir au public en audio ! A quelques jours de l’événement, on a posé quelques questions à notre partenaire et à son créateur, Gaël !

Bonjour Gaël ! Tu es le créateur du studio Rimshot : comment est né cette structure ?

Bonjour Rémy,

Le studio est né en 2006 quand j’étais sur ma dernière année d’étude. Au démarrage, je faisais de l’enregistrement studio nomade, je me déplaçais là où les groupes avaient besoin de moi, j’enregistrais pas mal de concerts également !

Ensuite j’ai eu l’opportunité grâce aux parents du batteur de mon ancien groupe qui nous hébergeaient pour nos répétitions, de créer un studio d’enregistrement en me servant de notre salle de répétition comme cabine de prise. Nous avons aménagé avec le batteur de mon ancien groupe, deux pièces supplémentaires qui servaient pour l’une d’entre elle de régie et une autre d’une petite cabine de prise de son pour les voix.

Voilà comment tout a commencé pour moi ! 

Aujourd’hui, vous proposez des box de répétition, ouverts h24, 7/7. Ca représente combien d’artistes qui viennent chez vous ? 

Effectivement, aujourd’hui les choses ont bien changé, nous avons 6 box de répétition, sans compter les studios d’enregistrement, ouvert h24 7/7 pour l’ensemble des artistes qui sont badgés chez nous, et à l’heure actuelle cela représente exactement 592 groupes soit plus de 2300 musiciens, mais également des artistes de passage pendant leur tournée qui se servent de nos locaux pour y effectuer leur résidence de travail.

Ce qu’on sait un peu moins, sauf si on vous suit sur Instagram, c’est que vous accueillez de nombreux artistes de renom dans la scène rap : S.Pri Noir, SCH, PLK, Isha, Black M. Tu peux nous expliquer ça ? 

Oui tu peux voir toutes nos références directement sur notre site web !

Aujourd’hui, nous avons créé une équipe de travail qui s’est diversifiée dans l’approche et la demande des artistes. Cette même équipe s’est spécialisée dans un registre musical ce qui nous permet d’avoir une approche et une expertise ciblée. Les artistes recherchent des équipes de travail spécialisées qui peuvent leur permettre de répondre aux objectifs qu’ils se sont fixés autant sur le point artistique que financier.

Quand tu veux mettre en avant ta musique ou un projet en général, tu vas chercher à travailler avec les personnes qui vont sublimer tes idées, te permettre de progresser et d’avancer, de passer un cap, de débloquer des moments de baisse de créativité, d’avoir une ligne directrice sur la mise en place du projet pour pas perdre de vu tes objectifs, d’aligner l’ensemble des éléments qui vont faire la réussite de ton projet.

Nous ne sommes pas uniques dans ce que nous faisons, ce que nous avons mis en place nous permet de travailler dans une direction qui plait à certains artistes. Chaque artiste doit trouver son équipe, tout le monde ne peut pas travailler avec tout le monde.

Vous avez travaillé avec un artiste que j’ai découvert grâce à vos partages : Gambi. Tu nous le présente ? 

Nous avons rencontré Gambi lors d’une séance d’enregistrement pour un featuring avec l’un de nos artistes qui s’appelle ROMS. A la suite de cette session, il a souhaité revenir pour son propre projet. Nous avons travaillé plusieurs morceau avec lui dont un qui est déjà disponible Hé oh.

C’est un artiste génial, plein d’énergie, pleins d’idées, avec une très grande détermination et motivation, j’aime beaucoup Gambi je pense qu’il aura sa place dans la musique urbaine sans aucune hésitation !

L’ouverture musicale que le rap connait, en proposant de plus en plus de fusions du style, lui permet de gagner en auditeurs, de modifier l’image qui pouvait avoir du grand public. Le rock a fait ses classes de la même manière, le rap est en train de s’ouvrir et de se démocratiser.

Beaucoup de rap dans les projets actuels : pourtant toi tu viens d’un tout autre univers musical… Pourquoi ce choix ?

Beaucoup de rap et de musique urbaine dans la musique en générale, impossible de passer à côté aujourd’hui, c’est le style de musique le plus écouté, le plus vendu et le plus populaire. Travailler dans la musique en France sans s’intéresser à ce style de musique me paraît compliqué !

Après c’est comme dans tous les styles de musique, tu as du très bon, du moyen et du catastrophique…

Aujourd’hui si je parle simplement de mes propres goûts, j’écoute autant de rap que de métal. Paradoxalement se sont deux styles de musique que se rejoignent sur plusieurs plans : la force d’expression, la puissance sonore, une grande énergie et des productions qui sont poussées à l’extrême dans la résolution du son, toujours plus de puissance en gardant un équilibre net et percutant.

Quand tu regardes les concerts de rap aux US, tu retrouves les même codes que dans le métal : des pogos, des braveheart, du slam, des horns up et finalement les deux public se mélangent très bien.

Cette similitude est vraie aujourd’hui, il y a 10 ans en arrière c’était différents du moins en France. Aujourd’hui l’ouverture musicale que le rap connait, en proposant de plus en plus de fusions du style, lui permet de gagner en auditeurs, de modifier l’image qui pouvait avoir du grand public. Le rock a fait ses classes de la même manière, le rap est en train de s’ouvrir et de se démocratiser.

Personnellement c’est cette partie qui m’intéresse dans ce style, cette ouverture nous permet de travailler sans limite ; la limite va se trouver dans notre créativité, dans nos idées, dans le mélange que l’on va pouvoir apporter à la musique.

Aujourd’hui Rimshot produit ou accompagne des projets ? 

On accompagne des petits artistes de temps en temps mais ce n’est pas le but premier de Rimshot aujourd’hui, nous avons une autre structure qui s’occupe de ça !

On te retrouve aussi tous les ans dans le jury du tremplin Décroche le Son. Tu a été à l’initiative de plusieurs tremplins musicaux. Tu décrirais comment l’évolution de la scène toulousaine ? 

La scène toulousaine est très diversifiée, il y a beaucoup de groupes et beaucoup de groupes de qualités. C’est très appréciable d’être dans une ville qui bouillonne et qui ne se meurt pas. Les associations, les radios locales et les médias comme vous y sont pour beaucoup, ils permettent la diffusion de pleins de groupes locaux dans différents styles musicaux, d’élargir l’offre aux auditeurs et d’augmenter les découvertes. On a beaucoup de chance d’être dans une ville aussi dynamique musicalement.

Depuis plusieurs éditions, Rimshot est partenaire de nos parenthèses acoustiques. Vous enregistrez les concerts pour qu’on puisse les adresser au public. Qu’est-ce qui vous motive à vous investir autant dans cette aventure ?

Je ne cesserai jamais de m’investir dans ce style de projet ! J’aime que l’on soit dynamique, que l’on puisse additionner des forces et faire grossir les projets locaux qui ont du sens. Parfois le temps nous manque un peu, mais j’ai la chance d’avoir une équipe déterminée et investie qui me suit dans mes choix et mes décisions ! Un grand merci à eux 😉

Questions rituelles chez opus : Si tu pouvais créer ton festival idéal, tu ferais quoi et tu ferais jouer qui ? 

Central park 

Le posthume fest

Michael Jackson / Tpac / Nirvana / Snot / Bob Marley / Franck Sinatra / The beatles / Queen / Likin park / Elvis Presley / Ray Charles / Edith Piaf / Jimi Hendrix + guest

Et enfin, quels sont les groupes que tu aimerais nous présenter ? 

Il y en a tellement je vais essayer de faire court …

J’ai découvert l’année dernière dans les studios de répétition un groupe qui s’appelle TAWA sur qui j’ai vraiment flashé, je trouve ça tellement musical, sincère avec beaucoup de goût, allez découvrir c’est génial !

Sinon côté urbain, Kpoint qui amène une fraicheur dans le rap avec sa guitare électrique, il propose autre chose, encore une ouverture qui en dit long sur le futur du rap fr, on vient de terminer une session avec lui et les nouveaux titres sont vraiment excellents. Toujours dans l’urbain allez découvrir Roms, Aladin 135, Zikxo, Leto et bien sûr Furax Barbarossa qui en laisse plus d’un rêveur avec sa sublime plume.

Coté métal, je suis un fan de Architects surtout l’album « Lost Together » c’est un pur chef d’œuvre. Je reste encore un gros fan d’H-Tray, c’est un groupe qui a vraiment marqué mes années lycée avec le disque « Worst time of decline ».

Dans un autre registre, Fuzionando de Oscar D’Leon est magnifique, j’ai du mal à passer un mois complet sans écouter ce disque !

Et pour finir Smallpools l’album « Lovetap ! » est génial, mes enfants connaissent le disque absolument par cœur !

On est nous très heureux de vous compter parmi nous. Merci Gaël et toute ta team !

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