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Mira : un album plus aérien pour lequel Gush a ressorti ses vieux synthés

Juste avant leur concert pour la Semaine de l’Etudiant à Toulouse, à la salle Le Cap, on a rencontré Xavier et Yan des Gush. Une interview détendue, guitare en mains. L’occasion d’échanger avec eux sur Mira, leur second album, et sur ce changement d’identité musicale.

Bonjour les Gush et merci de nous accueillir. Mira vient de sortir, quatre ans après Everybody’s God… Vous avez fait quoi pendant tout ce temps ?

Xavier : On a beaucoup joué pendant deux ans, deux ans et demi. On a joué d’abord en France, une super tournée. La première année où on a fait 120 dates en France et après on est parti à l’étranger : Amérique latine, États-Unis, on a sorti notre disque au Japon, on a joué en Allemagne, en Angleterre. On a pris le temps de s’exporter un peu et après il a fallu un an et demi deux pour trouver le nouveau son à ce disque.

Un album qui justement change de style : on passe d’un pop rock à une pop électro, vous parlez vous d’une pop synthétique. Ce changement de style était voulu dès le départ ou c’est pendant la composition que ça s’est dessiné ?

Yan : Les compos si on les prend telles quelles, lorsqu’elles ont été écrites, ne changent pas vraiment. Sur le premier album, on a fait les démos avec une grosse caisse et des guitares sèches, là on l’a fait avec une grosse caisse, des pianos et des synthés. Donc il n’y a pas de grande différence en terme de manière de composer ou dans l’assemblage de nos 4 manières de faire. Simplement on a réuni un peu de cette expérience qui nous a servi à nos débuts en 2004… Lorsqu’on a commencé, on s’enregistrait dans nos ordinateurs, on avait une MPC & d’autres machines pour pallier au manque en terme de production. On faisait des choses façon « bricole électronique » on va dire. Quand on a commencé on se situait plus dans une musique funky, après avec nos premiers concerts est venue s’ajouter une énergie plus rock’n roll. Là sur Mira on a essayé de jumeler les deux, avec l’envie de redécouvrir nos machines et de nouveaux logiciels en gardant le magnéto à bande en complément.


On vous demande souvent pourquoi l’album s’appelle Mira, vous en connaissiez dès le départ les nombreuses significations ?

Xavier : Ouais, avant de choisir le titre d’un album tu te renseignes quand même, et c’est justement pour ces multiples significations, qui nous parlent, qu’on a trouvé que c’était un chouette nom d’album.


Et Mira, c’est pas finalement un retour aux sources, à votre premier EP Amazing ?

Yan : Woooow tu connais ça, documenté !!! (rires)

Xavier : Pour Mira on a ressorti nos vieux synthés qu’on utilisait sur Amazing. On a essayé de jumeler cette texture-là avec notre savoir-faire analogique du premier album. On a mélangé tout ça pour créer quelque chose de différent. Mais effectivement quand on écoute certains morceaux d’Amazing, c’est assez synthétique, comparé à notre premier album Everybody’s God.

Yan : On avait aussi, même s’il y a des chansons dansantes, l’envie de faire des chansons plus aériennes, ouvertes, avec des textures de voix différentes, une manière d’approcher les harmonies elle aussi différente, l’envie d’essayer de détourner nos textures de voix !

Quand tu dis des harmonies différentes, tu veux dire aller encore plus dans les aigus ?

Yan : Oui, si tu compares au premier disque, cet esprit un peu plus pop classique, pop rock, dans l’esprit Beatles, Beach Boys qu’on aime beaucoup, les harmonies étaient, entre parenthèses, de type classique : une note fondamentale, une tierce, etc… C’était souvent ça, mais j’te dis pas que c’était systématique. Et là on s’est dit « tiens on va chanter à l’unisson ou avec une voix de tête »… C’est des trucs qu’on savait déjà faire avant, mais on s’en était peut-être beaucoup moins servi. Sur Mira on les a mis en avant. Et on a aussi remonté l’équilibre entre les instruments et les voix.

Vous avez joué sur les plus grands festivals en France (Vieilles Charrues, Francofolies, Printemps de Bourges, Solidays) et aussi pas mal à l’étranger : y’a un souvenir particulier qui ressort de ces dates ?

Xavier : Le voyage d’un mois et demi qu’on a fait : d’abord au Texas puis en Californie, puis on est descendu au Pérou, au Chili, en Argentine… Tout ça en un mois et demi, un voyage d’un trait, une vraie tournée qui reste un souvenir génial : on a traversé des pays, vu des ambiances différentes… C’était un souvenir… impérissable ! (rires)

Ce soir c’est un concert un peu plus intimiste pour la Semaine de l’Étudiant au CAP

Xavier : Et oh tu vas te calmer oui ! (rires)

Est-ce qu’on se prépare différemment où vous déconnez toujours autant avant une date ?

Xavier : On fait toujours un peu les cons selon l’humeur !

Yan : Selon le taux de fatigue aussi. Après on aime bien venir à Toulouse ! Depuis nos débuts même avant qu’on sorte nos EP on avait joué dans un bar qui s’appelle Un Autre Monde.

Xavier : Le Saint des Seins aussi !

Yan : Ouaiiis et Le Bikini ! On y est venu en tournée au moins 3 fois !

Xavier : On est même allé au Havana Café aussi je sais même pas si ça existe encore…

Yan : Y’a plein de salles qu’on aime bien dans le coin !

Xavier : Ah oui et cette salle là, comment elle s’appelle…

Yan : Connexion !

Xavier : Ouaiiiis le COOOnexion Live ! It’s been a haaaaard daaaaay’s night… (en jouant sur sa guitare)

Et vous revenez bientôt pas très loin, à Montauban !

Yan : Aaaa ouiiii Montauban le 8 Novembre au Rio Grande (avec l’accent du Sud-Ouest)

Et ce soir on peut s’attendre à quel set : uniquement Mira, des sons d’Everybody’s God arrangés avec vos nouvelles sonorités ?

Yan: T’as tout résumé, on a essayé de donner un son uniforme, de remettre de l’analogique, de recentrer les chansons plus pop acoustiques dans ce tronc commun.

Xavier : On va rockifier un petit peu tout ça !

Yan : On a même hiphopisé certaines choses dans le set, même si « le commun des mortels ne peut l’entendre » (rires)

Xavier : En tout cas, on va jouer presque tout Mira et 4 ou 5 morceaux d’Everybody’s God, les highlights que tout le monde connait, bien sûr !

Gush, un groupe de studio ou de live ?

Xavier & Yan ensemble : les deux !

Yan : C’est complémentaire en fait ! Quand t’es en studio tu composes les morceaux, tu te dis « comment j’ai hâte de faire sonner tel ou tel accord à ce moment-là du concert »

Xavier : C’est comme un va-et-vient tu vois, comme quand tu fais l’amour, si tu fais que le va, il manque le vient…

Yan : C’est beau ce que tu dis !

Xavier : Une inspiration… On va dire comme une respiration alors ? Studio… (il inspire) Live… (il expire) On a besoin des deux !

Yan : Mais c’est sûr que tu ne produis pas les choses de la même manière, tu les penses pas pareil en studio et en live. Ce qui est intéressant justement c’est de faire vivre un morceau différemment, de rendre un petit peu plus brut et rugueux un son qui, en studio, est forcément plus travaillé… Pour nous c’est un super challenge !

Opus est un blog de découvertes musicales, quels seraient les artistes que vous aimeriez nous faire connaître ?

Xavier : Blind Digital Citizen, c’est un groupe de rock électro, français !

Yan : Sur le label Disque Entreprise, un label français de qualité ! Au-delà d’être nos potes ils font vraiment des trucs super ! Y’a un autre groupe qui s’appelle Einleit, sur un autre label, un super groupe, avec une certaine poétique, c’est chanté en anglais, le chanteur est d’origine japonaise. Ils viennent de sortir un EP, ils sont très bons et très inspirés, c’est assez planant aussi, un univers très doux. Un autre groupe en train de se fabriquer, un morceau est disponible sur leur soundcloud, qui s’appelle Brülin, c’est vraiment bien !

Xavier : Mathieu et Yan ont participé à la production de l’enregistrement de Brülin…

Yan : Ouais c’est une musique qui va dans le sens dans lequel on s’est inscrit, c’est-à-dire garder des guitares mélangées aux synthétiseurs avec des belles suites d’accords, des vraies compositions avec des lignes de chant étoffées… On trouve que c’est primordial de garder à l’esprit la composition. Y’a beaucoup d’autres groupes qu’on trouve vraiment fantastiques à ce titre d’ailleurs…

Xavier : Oui aussi un autre groupe, on a bossé avec, c’est Bangkok !

Yan : Ils sortent leur EP en novembre chez Columbia.

Xavier : On a bossé dessus et c’était super ! C’est des gars qui ont beaucoup voyagé, pas des musiciens à la base… Ils ont joué en Afrique dans des petits stades, ils sont un peu aventuriers.

Yan : Aventuriers et spontanés ! En plus, ils sont diamantaires…

Si on imagine un festival idéal, avec qui vous partageriez l’affiche ?

Yan : Avec le Clément Poitrenaud Groove Experience et le William Servat Blues Explosion ! (rires) Non bah je sais pas, dans l’idéal ? Des groupes géniaux, comme… Queens of the Stone Age !

Xavier : Queen tout court aussi !

Yan : Spank Rock…

Xavier : Et Gush !!!

Merci les Gush ! On a hâte de découvrir le set !

Xavier : Bah merci à toi et vas voir Birdy Hunt c’est vraiment top !

 

Rémy

Rencontre avec la pop folk mélancolique d’Alone With Everybody

Quelques heures avant leur concert à la Halle aux Grains en clôture du festival Toulouse d’été, on a rencontré Alone With Everybody, groupe toulousain porté par Camille (guitare) et sa sœur Louisa (piano). L’occasion pour nous de parler de leur groupe, leur univers musical, leurs précédents morceaux mais aussi de leur deuxième album qui ne devrait plus tarder…

Louisa, Camille, merci de nous accorder un peu de temps avant votre concert pour Toulouse d’été. Comment vous avez trouvé ce nom qui colle très bien à votre musique, Alone With Everybody ?

Louisa : Merci. En fait c’est le nom du premier album solo de Richard Ashcoft.

Camille : C’est un album qui représente la fin de la britpop, au début où je m’intéressais à la musique. Et puis au début, Alone With Everybody était un projet que je menais seul, ça collait bien avec l’ambiance des premiers morceaux.

Justement tu étais seul au début, maintenant c’est un groupe porté par vous deux…

Louisa : Oui à la base c’était son projet solo, quand il a commencé j’étais assez jeune. Je faisais déjà de la musique depuis longtemps mais quand Camille s’est dit qu’il allait jouer ses morceaux sur scène, on a commencé à jouer à quatre et c’est par la suite qu’on s’est mis en duo.

Camille : Je ne voulais pas être seul sur scène à la guitare, même si je l’ai déjà fait. Ça permettait d’enrichir la musique avec un clavier.

Pour toi Louisa, jouer sur scène avec son grand frère, ça ressemble à un rêve de gamine ?

Louisa : (rires) C’est vrai que ça fait longtemps ! Depuis que je suis toute petite j’avais l’envie !

Camille : On n’a pas commencé à jouer ensemble très jeunes car on a un gros écart d’âge, presque 8 ans, donc effectivement c’était pas évident au départ. Mais plus on grandit moins l’écart d’âge se ressent.

Votre album Isolation Row a un peu plus d’un an, un bel opus où on ressent la recherche de la simplicité, de l’harmonie entre vos instruments, un album très mélancolique…

Camille : La mélancolie c’est ce qui me touche en tant que musicien, les sentiments plus joyeux ne me poussent pas à faire de la musique, mais ce sont plutôt les ambiances un peu plus feutrées qui m’inspirent. Je ne me vois pas faire des chansons sur la plage comme Jack Johnson. La mélancolie ce n’est pas un sentiment qui plombe, ce n’est pas déprimant, c’est juste un peu de douceur qui permet de se retrouver.

On imagine très bien certains de vos morceaux en B.O de films, comme No Regrets qu’on verrait bien dans un film du genre d’Into The Wild

Camille : Si on nous propose, on adorerait travailler pour un film ! Mais pour l’instant on n’est pas encore assez visibles. Il y a plein de films dont on se rappelle grâce à la musique.

Le cinéma fait partie de vos sources d’inspiration ?

Camille : Oui oui, un de nos morceaux, Baiser volé, c’est le titre d’un film de Truffaut. Mais parfois ce sont des associations : tu regardes un film et deux jours plus tard tu travailles sur un morceau qui te remémore le film. Mais ça marche aussi avec la télé. Pour Shopping by the Sea, je regardais un reportage sur Brighton qui m’a donné l’idée du titre. C’est vrai que les idées viennent de tous les éléments de la vie quotidienne, que ce soit le cinéma, la télé, les séries, la littérature…

La composition c’est essentiellement toi Camille ?

Camille : A la base oui, mais maintenant Louisa s’investit pas mal sur les arrangements.

On vous a vu en début d’année aux sélections régionales du Printemps de Bourges, c’est une belle reconnaissance pour vous !

Camille : Oui c’était très chouette, c’était bien d’y être, ça nous a permis de toucher un public un peu plus large.

Vous étiez donc au Métronum, vous pensez quoi de cette nouvelle salle de musiques actuelles à Toulouse ?

Camille : C’est une salle très bien mais qui, je trouve, en est encore à ses balbutiements.

Louisa : Oui, mais il y a déjà un gros potentiel. Je pense qu’on va y voir de beaux concerts.

La toute nouvelle salle du Métronum il y a quelques mois, la salle emblématique de la Halle aux Grains aujourd’hui avec Toulouse d’été… On t’a même vu prendre des photos tout à l’heure !

Camille : Oui, ce n’était pas prévu (le concert a été décalé à la Halle aux Grains à cause des orages annoncés). Ça n’arrivera sans doute pas deux fois ! Et puis c’est l’idéal pour nous, les gens sont assis, l’atmosphère est vraiment posée. Je pense que notre musique s’écoute assis.

On dit souvent qu’un morceau pop est réussi quand on a l’impression de déjà l’avoir entendu, c’est clairement le cas avec certains morceaux de votre premier EP : Bright Future ou Nobody’s reliable except those who are together

Camille : C’est vrai qu’on dit ça des morceaux pop… Il faut peut-être avoir l’impression de l’avoir déjà vaguement entendu, mais sans reconnaître exactement ce que c’est (rires). Quand j’ai un morceau en tête, si je sens que ça ressemble trop à quelque chose qui existe déjà, ça va me gêner. Mais c’est vrai que c’est pas mal d’avoir des repères dans ce qu’on écoute. Puis on n’est pas des révolutionnaires de la musique, et finalement il y en a peu qui révolutionnent. Certains ajoutent de nouveaux sons, de nouvelles choses, de notre côté on essaye déjà d’écrire des chansons qui nous touchent et de les emmener le plus loin possible.

C’est ce qui est compliqué dans la création dans votre style pop folk: créer quelque chose en restant dans des codes tout en étant original. Et c’est le cas dans Alone With Everybody !

Camille : C’est gentil ! C’est le but en tout cas. Je ne sais pas comment je fais, mais c’est vraiment le but : partir de cette base d’un songwriting folk de toutes les époques.

Louisa : Et puis on travaille avec des gens qui peuvent apporter quelque chose de différent, je pense à Ayumu à la batterie qui à mon sens se démarque vraiment par rapport aux autres batteurs, il a une esthétique qui colle bien à ce qu’on fait.

Camille : C’est ça, l’idée c’est de faire un format pop, propre, mais pas trop rigide. C’est ce qui est chouette dans la pop, c’est que ça peut représenter des milliers de choses, c’est un style qui se nourrit de beaucoup d’autres, et c’est ça que j’aime bien même si nous on se limite à une petite partie de la pop. Il existe des groupes qui vont dans une direction bien opposée. Nous, ça penche plutôt du côté folk, country, americana. Parfois, c’est plus psyché, ambiant.

Pour un folkeux comme toi, jouer aux Etats-Unis c’est extra !

Camille : C’était cool, aux Etats-Unis c’était au tout début, il y a…. 5 ans ! J’étais tout seul à l’époque. On a fait un petit tour dans le middle west, j’étais avec une américaine qui s’appelle Normandie Wilson qui tourne un peu dans les petits clubs, mais de façon un peu confidentielle. On a fait une tournée ensemble d’une dizaine de dates.

En parlant de dates, vous avez aussi fait les premières parties de Lilly Wood and the Prick et Pete Doherty !

Oui, Pete Doherty c’était au Bikini ! Lilly Wood and the Prick c’était à l’occasion d’un genre de showcase où j’étais tout seul. Et Pete Doherty c’était un des premiers gros concerts qu’on ait fait. Maintenant qu’on a plus d’expérience, ce genre de date serait plus facile à aborder je pense.

Plus d’expérience et même un deuxième album qui arrive, quel en sera sa couleur ?

Louisa : Oui, c’est en route !

Camille : Presque tout est composé, on a environ 13 morceaux qui sont à l’état de démo, on prévoit d’aller en studio pour les retravailler un peu. Et pour la couleur, c’est un peu plus ambiant, un peu plus planant, moins folk…

Vous connaissez déjà le nom ?

Louisa : Pas encore, mais ça viendra !

Camille : Un morceau de ce prochain album est disponible sur notre Soundcloud (Swann), l’esprit est assez différent du premier et on a fait un peu exprès de le poster tôt, pour savoir ce qu’il pourrait donner comme réactions. Après, il y aura toujours des morceaux folk, mais moins. On jouera moins sur les guitares acoustiques, on ajoutera plus de claviers.

Quand vous écoutez vos deux EP et le premier album, vous vous dites quoi ? On a fait du bon travail ? Là y’a des petits défauts ? Ou est-ce que vous ne l’écoutez pas du tout ?

Camille : Non, j’évite, je n’écoute plus vraiment ce premier EP.

C’est drôle moi c’est celui que je préfère !

Camille : Ah oui ?

Oui, il y a un côté authentique, homemade, et vous en jouez quelquefois en live… J’aime bien cet EP !

Camille : (rires) Maintenant on n’en joue plus qu’une sur scène je crois. Il n’est pas si mal, mais c’est fait maison.

Louisa : Oui, c’est Bright Future. Mais c’est vrai que maintenant on essaye de renouveler un peu le set. C’est la production qui est sûrement à revoir, mais au niveau de la composition les morceaux pourraient éventuellement ressortir sous une autre forme, mais il faudrait les retravailler.

Camille : Cet EP c’est vraiment une introduction, je rentrais d’Angleterre, c’était il y a 4 ou 5 ans, j’enregistrais dans ma chambre avec mes moyens de l’époque qui étaient quand même assez limités… Donc forcément il y a de l’authenticité.

Camille tu joues aussi parfois avec le projet toulousain Terre Neuve Collective ?

Oui pour la scène uniquement, j’ai fait la dernière tournée avec eux. C’est un collectif qui bouge énormément, il est porté par Matthieu (Miegeville), et en fonction des besoins je les rejoins. Ils m’ont appelé parce qu’Andy (Andrew Richards) ne pouvait pas faire la tournée en France et Belgique. J’ai rejoué avec eux il y a peu, c’est suivant les occasions. Et puis sur certains points ça se rapproche de ce qu’on fait dans Alone With Everybody donc ce n’est pas bizarre pour moi de jouer avec eux.

Dans un festival idéal, avec qui vous partageriez l’affiche ?

Camille : Bonne question !

Louisa : Avec Richard Hawley ! C’est le premier qui me vient à l’esprit. C’est l’ancien guitariste de Pulp qui maintenant mène une carrière solo, j’aime beaucoup ce qu’il fait !

Camille : Oui il a un style de crooner…

Louisa : Une voix très grave, très folk, avec un dernier album plus rock, plus psychédélique même. Je trouve en fait qu’on tend à se rapprocher de plus en plus de ce qu’il fait au fur et à mesure qu’on avance… Ce serait génial de partager la scène avec lui. Il a un sacré charisme… Il y aurait lui…

Camille : Lui, Laura Marling et Fleet Foxes ?

Louisa : Forcément Fleet Foxes, pour moi un des meilleurs groupes de folk qui existe, leurs harmonies vocales sont impressionnantes. C’est très abouti, on a l’impression d’entendre des chansons médiévales parfois, du chant grégorien…

Camille : Ils chantent à 4 ou 5 voix, c’est assez impressionnant.

Et ce festival il se passerait où ?

Camille : Quelque part en Angleterre ou aux Etats-Unis ! Quoiqu’en France aussi, dernièrement je suis allé à Nîmes, au This is not a love song festival, c’était très bien.

Nous on vous imaginait bien avec Sean Lennon !

Camille: Ah oui ! Alors son dernier album est différent, mais effectivement on est dans l’esprit !

Opus, c’est un blog de découvertes musicales, à part ceux dont on vient de parler, quels seraient les groupes que vous aimeriez nous faire écouter ?

Louisa : On va parler de nos copains ! Le Common Diamond, c’est un duo electro pop, ils sont très très bons.

Camille : Il y aurait aussi The Deserteurs, où jouent Louisa et Max, notre second guitariste.

Louisa : Oui, c’est du psyché garage. Après, en dehors de Toulouse il y a aussi Moodoïd par exemple.

Camille : C’est de la pop complètement farfelue, pour moi c’est un des meilleurs groupes français actuels, mais c’est barré ! Là on est à l’autre extrémité de la pop : des mélodies bizarres, un côté showman à paillettes, c’est à découvrir !

Louisa : C’est excellent, ils ont une esthétique ultra marquée.

Merci Alone With Everybody, on va fouiller le web à la recherche de ces sons. On vous retrouve tout à l’heure dans la Halle Aux Grains !

Louisa : Merci à tout à l’heure !

 

Rémy

Rencontre avec le KKC Orchestra et son Electro Swing Hip Hop

Avant leur concert à la fête de l’Humanité à Toulouse le 6 juin, Opus a échangé avec le KKC Orchestra ! Une interview dans les loges des artistes, pleine de bonne humeur. Rencontre avec Julien, chanteur de ce quatuor où chacun joue de ses influences pour créer un son électro swing hip hop unique…

L’actu du KKC Orchestra c’est Géométrie Variable, un CD autoproduit après plusieurs EP… Le CD de la maturité ?

Oui, le CD de la maturité comme tu dis, on voulait s’exprimer sur un format plus long pour avoir plus de choses à raconter. Puis un CD permet de marquer un moment… C’est cool deux EP mais c’était le moment de faire un album, d’avoir notre album après quatre ans de tournées. On va prendre le parti de faire plus d’enregistrements maintenant, parce que c’est génial en fait, tu travailles le moindre petit détail, le studio c’est un travail de fourmi ! Tu laisses une trace, c’est une marque et t’as envie que ce soit parfait !

En écoutant le KKC, on a envie de ranger ce son entre Caravan Palace et Hocus Pocus, ça te va ou tu te ranges entre d’autres artistes ?

Y’a pleins d’autres artistes mais ça me va ! On a appelé notre disque Géométrie Variable parce qu’on a trois influences principales : swing electro, hip hop et rock. Du coup ouais, mets-moi entre Caravan Palace et Hocus Pocus, Java, Aurél te dirait Skrylex… Mets nous juste dans ta discothèque et appuie sur play quoi (rires) !

Ce qui est agréable sur cet opus, c’est sa double écoute : une pour le son et une autre pour les textes…

Y’a forcement deux écoutes, le CD permet ça par le fait que ce soit rapé ! Un jour j’écoutais Orelsan et Oxmo Puccino en interview et ils disaient qu’il faut se rendre compte que dans le rap y’a quand même deux fois plus de mots, les couplets durent deux fois plus longtemps donc forcément t’écris deux fois plus déjà et en terme d’écoute tu peux moins te concentrer sur le son. Là où t’as trois mots en chanson française les rappeurs vont t’en placer seize. On est content d’avoir fait un CD à voix car y’a les paroles. Moi j’ai grandi en lisant les paroles des rappeurs, j’avais envie que les gens puissent comprendre tous les petits jeux de mots, les seconds degrés en ce disant « Ha ouais ils voulaient dire ça en fait. » Ca c’est un plaisir par rapport aux EP qu’on a fait où y’a beaucoup plus d’instrumental.

En parlant des textes, y’a beaucoup de références à ta terre natale, on a même un Marly Gomont de Montcuq avec 1994 !

Ouais c’est un peu ça (rires) ! Tous les gars qui viennent de la campagne ils se reconnaissent dans ce morceau … Aujourd’hui on a 30 ans, beaucoup de gens croient que ce morceau est nostalgique mais on n’a pas écrit 1994 en se disant que c’était mieux avant… Mais à un moment tu fais le point, tu te dis « Ouais je fais du rap, ouais je viens de Montcuq, pourquoi je ne raconterai pas cette époque où ça a commencé et ça faisait tellement rire quoi !!! »… Marly Gomont de Montcuq ? On prend (rires) !!!

Comment se passe le processus de création du KKC ?

Très souvent c’est la musique d’abord. Ils sont beaucoup plus créatifs que moi, ils sont deux à créer : Mika et Aurél. Après tout se mélange, moi je mets beaucoup plus de temps à écrire, quoiqu’un peu moins maintenant ! C’est très souvent la musique d’abord, mais il arrive que ce soit les textes, Kulture Pub par exemple, l’envie de faire un truc sur la pub…

Il vient d’où d’ailleurs ce délire Kulture Pub ?


En fait on arrivait à Paris… Tu rentres sur le périph’ et tu as toutes ces marques affichées partout, y’a que de ça tout le temps ! Tu te ballades la nuit y’a que ça qui brille ! On voulait dire un truc là-dessus mais sans dire « la pub c’est nul, tatata… » J’ai dit aux gars « Donnez-moi des slogans qui vous passent par la tête » et on avait 5 pages, juste de slogans !!! Des slogans politiques aussi… Ils sont bons en com’ on les connait tous ces slogans, on est tous des fils de pub Culture pub ils ont trop raison (rires) !

Ce qu’on aime aussi chez le KKC, c’est des paroles fortes et engagées sur cette musique enjouée qui permet de dire des choses dures tout en gardant le sourire… Que ce soit sur Clap de fin, Swing It, Parfait, ou comme c’était déjà le cas avec Tout à L’Ego sur l’EP précédent…

Oui c’est important ! Le hip hop c’est un moyen pour nous de raconter des choses, mais on ne veut pas être moralisateurs… Ca ne nous empêche pas de donner un point de vue parfois négatif mais on le fait en souriant parce que le message il est plus fort quoi ! Puis si je voulais faire que du véner en vérité je ne saurais pas le faire, y’a des mecs qui le font très bien : Casey j’adore comment elle écrit ça rentre dedans, La Rumeur ils défoncent tout… Ca fait du bien ! Mais moi je ne sais pas le faire. Nous on veut dire aux gens « T’as le droit de dire qu’un truc te saoule, mais dis-le avec le smile ! »

Ce qui justifie votre programmation à la fête de l’huma ce soir !

Ouais on est invité à la fête de l’huma et y’a tout ce qui faut, sans parler parti politique, y’a tout ce qui nous plait : des vieux, des jeunes… Ça me rappelle les festoches anglais où t’as pas que des jeunes de notre âge qui sont là pour danser et se la coller, t’as des mômes de 4 ans et des vieux, c’est mortel !

Le KKC voyage aussi pas mal c’est vrai ! Une tournée européenne, beaucoup de dates en Angleterre et en Allemagne… Vous vous attendiez à ça dans votre coloc’ à Empalot ?

T’es fou mon pote (rires) ! Et encore moins quand on était dans le Lot (rires) ! Non on ne s’est jamais attendu à ça. Notre musique est dansante, nous on veut simplement partager un moment avec les gens, et la langue n’est pas une frontière. Les mecs nous disent « On s’en fout on comprend rien mais c’est top » un peu comme nous quand on écoute les anglais. On s’est retrouvé à se balader de droite à gauche : Colombie, Finlande, Danemark, Turquie… Ouais on a bien vadrouillé, on ne s’y attendait pas, on est bien chanceux et on en profite !

Et un souvenir particulier ressort de ces tournées ?

Dans toutes les tournées ? La Colombie forcément, on sortait du continent… Tous les autres trucs européens c’était mortel mais là on arrivait dans un autre monde, pas du tout la même culture. En plus on ne faisait pas que des concerts on est allé faire des ateliers où on était en rapport direct avec des gens, des gamins hip-hopeurs : on avait 18 MC, on leur a fait une instru… A la fin de l’atelier y’a un mec qui nous a expliqué qu’il avait créé une école de hip hop où ils récupèrent les gamins après les cours au lieu qu’ils trainent dans la rue. Ils leurs apprennent le break dance, le rap, le DJing, le graff… Ça c’est un super souvenir !

On revient sur la scène… Dans un festival idéal, avec qui le KKC partagerait l’affiche ?

Je dirais Django Reinhardt, qu’il revienne (rires)… Après pour le côté old school, je mettrais Andy C, c’est un des pionniers du jungle pour Aurél ! Et côté hip hop, Oxmo Puccino parce qu’il est trop bon on l’adore ! Mais y’en aurait tellement d’autres…

T’as Thomas Kretzschmar qui fait du manouche sur Toulouse, ça pourrait t’intéresser… Faudrait qu’on organise une rencontre via Opus !

Tu sais quoi on me là déjà dit ! Mais je l’ai jamais vu, ça serait top ouais ! Mika le guitariste il kifferait ça ! Si on ne joue pas cet été on ira surement le voir en concert avec toi alors…

Opus est un blog de découvertes musicales : quels seraient les deux trois groupes que vous aimeriez nous faire découvrir ?

Mika (au loin dans la loge) : Fonfon et Lady Little (rires) !

Julien : Fonfon et Lady Little, tu vas galérer à trouver les records mais bientôt ça va sortir gros et sévère ça (rires) ! C’est le projet des deux là (Mika et Carole, allongés dans les loges) ils vont lancer ça dans pas longtemps ! Tu as Hugo Kant aussi, on a joué avec eux ! Après ça sera pas faire découvrir mais on a joué plein de fois avec eux et ils sont juste trop bons, c’est Bigflo et Oli, ils défoncent ! Y’a Fakear mais tu l’as déjà fait sur Opus sinon je l’aurai mis. Et un dernier… KKC Orchestra pour l’égo trip (rires) !

 

Rémy