Sidilarsen – 25 ans – le meilleur reste à venir

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In bikini dura Sidi… 5 ans plus tard, Sidilarsen est de retour à la maison pour fêter le 22 octobre 2022 les 25 ans d’un groupe emblématique de la scène métal hexagonale. Militant, engagé, sans concession. Si leur son a évolué vers un un metal plus fort, plus lourd, leurs hymnes restent toujours dans les têtes : de La morale de la fable à Des milliards en passant par On va tous crever ou Back to Basics, autant de titres qui promettent une soirée qui va marquer les mémoires (et en raviver certaines).
L’occasion pour nous de faire un point avec Didou un des deux chanteurs et fondateurs du groupe. Et si on va bien tous crever, ce sera de fatigue après un wall of death.

25ans de bouteille, un tire bouchon en emblème, tu ouvres quoi pour fêter ça ? 

On ouvre la vie, on ouvre tous les possibles, c’est la philosophie des Sidi ! 😉

Le clip de « On va tous crever » a dépassé le million de vues, ça te fait quoi ?
Est-ce révélateur pour toi de l’ambiance qui règne ici ?

On ne va pas se mentir, ça nous touche de voir que le public adopte à ce point notre musique et nos textes aujourd’hui. En effet, l’humanité toute entière traverse une crise sans précédent, ceci explique aussi cela. La question est de savoir si tous ensemble on a touché le fond…

A vos débuts, le public et les programmateurs métal ont eu du mal à vous faire une place avec votre style hybride. Penses-tu que que le milieu métal manque d’ouverture ?
Même si on retrouve toujours ces pulsations électro, on a senti un virage vers un métal plus lourd, à quoi est-ce dû ? Un besoin de reconnaissance? Une nécessité afin d’accéder aux plus grandes scènes? L’arrivée de nouveaux membres ?

La France aime les cases, il y a un complexe face aux musiques anglo-saxonnes dans le créneau rock et métal. Du coup les médias et les pros du secteur cherchent souvent à ranger, étiqueter, pour en réalité essayer de faire ressembler et tenter de reproduire les succès anglo-saxons. Sidilarsen fait du Sidilarsen depuis le début, sans se poser de questions, par delà les modes et au-delà des cases. Pour notre dernier album en date, « On va tous crever », nous avons souhaité faire un album « autoroute », efficace, ça nous excitait. On voulait aussi quelque chose de plus dur et plus sombre, en phase avec notre époque. C’était un besoin presque viscéral, animal, avant même la construction du nouveau line up. Notre musique est un exutoire pour nous comme pour notre public. En 2003, on avait déjà fait un album « autoroute » avec « Biotop », notre premier opus. Un album dans une veine « métal electro indus ». « On va tous crever » nous reconnecte à cet esprit d’efficacité, avec une approche métal moderne indus, ce n’est pas si éloigné finalement. Il y a eu des expérimentations sur chacun de nos disques avec des machines plus ou moins présentes selon les morceaux. Simplement on cherche, on créé, on mûrit, on se renouvelle, on avance, sans écouter ce qu’on nous dit 😉

Le métal, pour nous, c’est le rock d’aujourd’hui, c’est une musique qui reste libre. 

De ces débuts justement, il ne reste plus que toi et Viber, quand le fréro Sam a quitté l’aventure est-ce que vous vous êtes dit, on arrête là ? 

La question s’était déjà posée avant son départ, juste après nos 20 ans. La crise personnelle de la quarantaine, ajoutée à la crise de groupe de la vingtaine haha ! Mais finalement, Viber et moi, nous sommes construits dans, à travers et pour l’art. On ne se voit pas faire autre chose. Il fallait juste faire le point pour savoir si la musique métal restait cohérente pour exprimer nos tripes, nos angoisses, nos colères, nos joies, mais aussi nos sensibilités artistiques, qui bien évidemment évoluent.
Restons nous en phase ? La réponse est oui. Avons nous encore envie d’envoyer du gros son ? Oui !
Le métal, pour nous, c’est le rock d’aujourd’hui, c’est une musique qui reste libre, assez peu rattrapée par la machine médiatique et l’ultra-capitalisme. C’est un espace de création intarissable. 

Samedi, on se retrouve à la maison au bikini, c était important de souffler les bougies là bas ?
On peut s’attendre à de belles surprises ?

Le Bikini coule dans les veines de Sidilarsen. C’est LA salle avec laquelle on s’est construits. On vous réserve en effet des petites surprises, mais on ne dira rien sinon ce ne sont plus des surprises 😉

25 ans d’activisme, à s’insurger contre notre époque et nos dirigeants,  aujourd’hui encore plus qu’hier, on a l’impression que les sujets ne manquent pas… C’est important pour vous d’afficher vos idées et votre colère ?

Nous partons du constat qu’en montant sur une scène, en proposant des albums, des clips, etc… On a une certaine influences sur nos aficionados, notamment sur les plus jeunes. On prend nos responsabilités et parfois on hésite pas à se positionner sur des sujets clivants. On assume sans jamais prétendre avoir raison. Quant à nos textes, souvent engagés, mais pas que !! ils témoignent de nos constats, de nos colères effectivement, mais aussi de nos espérances. Sans jamais donner la leçon, toujours en apportant une ouverture et une réflexion. Et puis faire du métal en France, c’est déjà engagé. C’est politique d’entrée de jeu.

En 25 ans tu n’as jamais eu des envies d’ailleurs, une échappé en solitaire ?

C’est arrivé, il y a eu et il y a des petits projets ça et là, mais Sidilarsen est toujours resté prioritaire, peut être parce que nous sentons que c’est important au-delà de nos petites personnes, le public nous demande de continuer, nous témoigne la nécessité d’avoir des groupes libres comme nous en France. Nous ressentons cet amour. Evidemment c’est une aventure très excitante tant que nous aurons l’envie de créer, l’envie de réinventer, de donner avec sincérité, ça ne doit jamais devenir une « usine ». Pour le moment, c’est de loin notre projet artistique le plus excitant, et aussi le plus exigeant !

Si tu croisais ce jeune qui va monter sur scène en 1997 à la fête de la musique à Foix, tu lui dirais quoi ?

Crois en toi, crois en tes amis, en ton équipe, reste sincère, tu peux soulever des montagnes, tu peux rendre heureux les gens et t’épanouir, même avec un projet fou comme celui de vouloir construire une carrière en faisant du métal en France ! 

On vous a vu récemment fouler la scène du Hellfest ce qui représente un peu le Graal pour tout groupe de métal, après 25 ans il vous reste encore des rêves ? 

Il y en aura toujours ! Comme rejouer au Hellfest à une meilleure heure et plus longtemps ! Haha ! Et puis jouer aux Eurockéennes, aux Vieilles Charrues, etc…pourquoi avoir une limite ? Le métal français mérite d’être découvert par le plus grand nombre. Et puis nos rêves peuvent prendre plusieurs formes et ne pas être uniquement axés sur le « toujours plus ». Nous allons travailler à proposer des expériences live inédites.

Aujourd’hui il n y a aucune contrainte ni d’époque ni de budget, tu invites qui sur scène pour ces 25 ans ?

J’inviterai avec plaisir Joeystarr pour le grain de voix et le personnage. Mais soyons fous, je ferais bien un featuring avec à la fois Till Lindemann, Stromae et Mylène Farmer.

Le Toulouse que j’aime : « You can’t Bring me down » de Suicidal Tendencies envoyé à 140 décibels sur la chaine Hifi de l’espace VIP du Bikini par Hervé Sansonnetto !

25 ans de routes, de scènes, de studio, à t’agiter dans le milieu culturel toulousain quelle est ta morale de cette fable ? Comment as-tu vu évoluer le secteur, dirais-tu que c’était  mieux avant ?

La morale de la fable, c’est que le monde change et qu’il est bon d’évoluer, de comprendre les enjeux, de s’adapter, de faire bouger, d’inventer, de ré-inventer. Non c’était pas mieux avant puisque les crises que nous traversons sont aussi les conséquences de cet avant. Il y a des cycles, il y a des changements, le tout est de vivre le présent avec sincérité, altruisme, amour, bienveillance et envie d’avancer, de faire bouger les lignes.

Si tu devais citer un groupe de la région qui t’a marqué ? 

Récemment c’est sans contexte Madam ! Trio féminin talentueux qui dégage une énergie « animale », un rock très senti, libre et contagieux. Sinon je citerai Punish Yourself qui pour moi symbolise parfaitement la singularité et la liberté de la scène toulousaine.

Et un groupe régional que tu aurais aimé voir en live ?

Ça m’aurait fait marrer de voir les Gold haha !

Ton 1er souvenir de concert à Toulouse ?

Nirvana au Palais des Sports et Suicidal Tendencies au Bikini !

Si tu devais résumer Toulouse en un lieu , une chanson et une personnalité ? 

Pour le lieu je te réponds directement Le Bikini.
Pour le reste c’est impossible de résumer cette ville avec un seul nom ou une seule chanson. Le cliché serait Claude Nougaro, mais je pourrais te citer Magyd Cherfi, Miss Z, Poulettou, Claude Sicre, etc… Allez je vais résumer le Toulouse que j’aime à ma façon : « You can’t Bring me down » de Suicidal Tendencies envoyé à 140 décibels sur la chaine Hifi de l’espace VIP du Bikini par Hervé Sansonnetto !