Mathpromo : Les hurlements d’Léo et Manu pour fêter leurs 9 ans

Mathpromo fait partie des belles structures musicales toulousaines ! Rencontre avec Julien et Mathieu, amis avant d’être collègues dans cette structure, qui fête ses 9 ans le 27 novembre au Metronum avec le concert des Hurlements de Léo, Manu (ex Dolly) et The Portalis…

Bonjour Julien et Mathieu. Pouvez vous nous présenter Mathpromo et l’histoire de cette création ?

Mathieu : Mathpromo a 9 ans, créé en 2006. C’est une agence de communication, on est l’intermédiaire entre les artistes et les médias : presse, radio, tv, web, on est passeur d’infos, sorties d’albums, concerts, clips… Notre rôle est de donner le maximum de visibilité aux groupes qu’on accompagne. Je m’occupais d’un webzine, qui m’a permis de sympathiser avec de nombreux acteurs et professionnels du milieu… Je travaillais dans l’informatique, cela ne m’intéressait plus, j’avais envie de bosser dans la musique depuis des années. J’ai demandé au groupe Agora Fidelio comment je pouvais les aider, je me suis donc lancé dans la promo web. De suite après, j’ai été embauché par le label de Francis Cabrel, Chandelle Production, mais les artistes n’étaient pas tous à mon gout. J’ai monté ma propre boîte. Massilia Sound System et Les Hurlements de Léo m’ont rapidement fait confiance. En 2010 j’ai embauché Julien, une évidence, car j’étais dépassé par trop de boulot, et je commençais à tourner en rond en étant seul du matin au soir.

Depuis 2006, Mathpromo a accompagné une centaine de projets… Vous en avez un chacun qui vous tient à coeur et si oui pourquoi ?

Mathieu : Un choix de coeur : Les Hurlements de Léo, ils m’ont permis de démarrer et ils me font toujours confiance. Et en terme professionnel : Stupeflip, nous a fait franchir un cap. On a relancé leur carrière en 2011. C’était une aventure complètement folle, avec un King Ju très surprenant.

Julien : C’est vrai que c’est dur de ne pas évoquer Stupeflip et les journées promo inoubliables dans une menuiserie de Paris. Après, on a eu la chance de collaborer avec des groupes que l’on écoutait plus jeune comme Prohom ou Manu, des groupes qu’on regardait de l’autre côté de la scène avec des étoiles dans les yeux et avec qui je n’imaginais pas boire un verre.  Dur de ressortir des projets, pour la plupart on n’a pas à se plaindre, nous avons vécu de belles aventures humaines et j’espère que c’est réciproque !

Justement via l’oeil d’une agence de com’ musicale, comment vous avez vu évoluer la scène toulousaine ?

Mathieu : Depuis l’explosion du Bikini en 2001, il n’y avait plus de salles de concert d’envergure à Toulouse. Des structures sont arrivées comme le nouveau Bikini, Le Phare, feu La Dynamo, Le Connexion Live, ou aujourd’hui Le Metronum. A l’opposé, les cafés concerts disparaissent un par un… Les groupes émergents n’ont plus vraiment de scènes pour s’exprimer. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de groupes studios qu’auparavant, qui arrivent avec des productions léchées, mais sans jamais avoir fait de scène.

Julien : Quand on a débarqué à Toulouse fin 90’s, la scène toulousaine était déjà très riche avec des groupes comme Diabologum, les Bubblies, Spook & The Guay, Zebda, les Fabulous Trobadors… Depuis quelques années, on a vu l’explosion d’une scène indie/pop que l’on associait à la scène parisienne avec Kid Wise, Le Commond Diamond, Yaa… Sans parler de renouveau, il y a une belle effervescence autour de ces projets et ça fait plaisir de voir des « provinciaux » faire salle comble à Paris. Aujourd’hui, ce sont les frangins de Big Flo & Oli qui soufflent un peu de fraicheur sur la scène hiphop. Notre scène est en perpétuel mouvement, toujours foisonnante et pleine de talents à suivre et on ne va pas s’en plaindre.

Mathieu : Des projets originaux comme Scarecrow, Anakronic Electro Orkestra et Cats On Trees aussi.

Dans votre quotidien, votre job, c’est quoi le plus passionnant ? 

Julien : Sans vouloir tordre le cou aux idées reçues, on est loin de l’image de l’attaché de presse pendant les glorieuses années. Notre quotidien c’est intéresser les journalistes aux projets que nous défendons et ce n’est pas tous les jours faciles. Il ne faut négliger aucun média, on ne compte pas les heures et c’est d’autant plus gratifiant quand tu réussis à obtenir un beau papier. Mais on a tout de même conscience qu’on a de la chance de pouvoir en vivre, on a tous les deux lâcher nos CDI pour ça, et même si parfois il m’arrive de regretter ma petite routine,  on bosse dans une belle ambiance entre potes et passionnés dans un lieu assez formidable.

Mathieu : On bosse dans un domaine qui nous passionne, il n’y a rien de mieux ! On arrive le matin, on a la banane.

Mathpromo est depuis peu un organisateur de concert…

Mathieu : J’ai toujours été énormément en concert, car pour moi la musique se vit avant tout sur scène. On a eu envie de se faire plaisir et voir les artistes qu’on aime en concert, c’est très égoïste ! Des artistes qui n’ont pas forcément la possibilité de jouer à Toulouse, comme par exemple 1=0 pour notre carte blanche lors de l’anniversaire de Clutch. On adore, et on ne les avait jamais vu en concert. Lors de notre anniversaire des 8 ans l’an dernier, Prohom n’avait pas eu de date à Toulouse, ça a été le déclencheur, on l’a faite et c’était une superbe soirée !

Julien : C’est aussi pour nous l’occasion de découvrir une autre facette du métier. Nous sommes régulièrement en contact avec les salles, les tourneurs donc c’est bien pour nous de connaitre les besoins, les contraintes et toutes les galères d’une telle organisation.  Heureusement qu’on peut compter sur Antistatic pour gérer au mieux tous ces pépins et faire que notre anniversaire soit un succès !

Et à la fin du mois de novembre, vous fêtez vos 9 ans avec une belle date avec Manu et Les Hurlements de Léo dont on a parlé !

Mathieu : Oui, avec deux artistes qui sont dans l’actualité, qui bossent avec nous depuis longtemps et nous font confiance. On a envie de les remercier, de passer une bonne soirée tous ensemble et boire un coup après le concert. On les écoute depuis notre adolescence, c’est vraiment une joie de les recevoir. J’ai découvert le nouveau spectacle des Hurlements d’Léo à Auch l’année dernière, 2h30 sur scène, de sueur, d’émotions et de révolte. C’est un vibrant hommage à Mano Solo, les fans comme les novices s’y retrouveront, car ses chansons n’ont pas pris une ride. Manu, avec son nouvel album revient à un rock bourré d’électricité qui rappellera à tous ceux qui étaient adolescent ou jeune adulte dans les années 90/2000, la belle époque de Dolly, de Sonic Youth, Grandaddy… Vous vous souvenez de l’hymne d’une génération « Je n’veux pas rester sage » ? Vous l’aurez sur scène !

Pour ce concert, vous avez lancé un concours pour choisir la première partie, et un accompagnement par vos soins.

Julien : Outre la belle programmation de la soirée, on avait envie de se faire plaisir et d’offrir à un groupe la possibilité de jouer en 1ere partie et de les accompagner en leur offrant nos conseils et notre expérience pour développer leur projet. Après un concours sur les réseaux, c’est donc The Portalis qui décroche notre « tremplin », un univers entre pop-électro et indie-rock  qui a nous a séduit avec leur clip « Tianjin ». Je suis sur que le voyage entre-aperçu dans ces images sera aussi beau en live, une raison de plus pour ne pas manquer le début de soirée.

Vous nous préparez quoi pour vos 10 ans ?

Mathieu : On ne sait pas encore. C’est un peu loin, mais on a des idées forcément. Le rêve, ça serait de remplir le légendaire Bikini avec des gens avec qui on a bossé, pour garder une cohérence. On va quand même faire attention, car l’an dernier Julien voulait faire venir La Compagnie Créole (rires)

Julien : une soirée entre amis avec tous les projets que nous avons défendu qui reprennent la Compagnie Créole !

Et enfin, est-ce que vous avez chacun des projets à nous faire découvrir ?

Julien : Bizarrement, j’ai l’impression que j’écoutais beaucoup plus de choses dans mon ancienne vie, maintenant la plupart des découvertes que je fais se font via la scène mais avec mon déménagement et le retour des bouchons, je vais avoir plus de temps (rires)
Alors, si je devais sortir 2 groupes qui m’ont mis sur le cul récemment , ce serait : Summer qui un peu comme 1=0, mériteraient une plus belle exposition, un rock dense et addictif, des textes assénés comme une claque, dans la veine de Diabologum et Depardon.
Oiseaux tempêtes, c’est un des nombreux projet de Frederic D Oberland que je suis depuis 21 love hôtel, c’est compliqué de mettre des mots sur cette musique qui navigue entre post rock et psyché planant. Je les ai malheureusement manqué lors de leur dernier passage à Toulouse mais ce n’est que partie remise.

Mathieu : Moi je pense à Schlauberg, des textes intelligents, un rock français incisif, ils viennent de sortir un clip béton. Je les ai vus en concert à Paris en première partie de Michel Cloup. Je pense aussi aux toulousains de Bruit Qui Cout, il y a un vrai discours contrairement à de nombreux groupes, et sur scène c’est la raclé. J’écoute beaucoup aussi depuis quelques temps la scène électro hip hop : Kadebostany, la Cafetera Roja, Anakronic…, la nouvelle cumbia sud-américaine : Dengue Dengue Dengue, La Yegro, Flavia Coelho, Mexican Institute of Sound… et les expériences métissées africaine d’Electro Bamako, Songhoy Blues ou Mbongwana Star. Dans un registre plus classique, j’ai adoré les derniers albums de Cabadzi et de Badan Baden.

Merci à vous ! Et on rappelle votre concert anniversaire au Metronum le 27 novembre.

Réservation concert : 

logo_festik_orange