Nuance Records : « l’enregistrement nomade et les conditions insolites, un petit défi que j’aime bien »

Depuis septembre 2020, Opus a réactivé les « Opus Sessions », format qui nous permet de valoriser chaque mois un projet musical dans une vidéo plan-séquence tournée dans un lieu toulousain. Un format pour lequel nous comptons le soutien bénévole de 2 structures : Bibam Prod à l’image et Nuance Records au son. Nous avons posé quelque questions à Jérémy, créateur de Nuance Records pour en connaître un peu plus sur son activité… 

Bonjour Jérémy. Tu es l’homme de l’ombre derrière Nuance Records. Est-ce que tu peux nous rappeler ce que fait Nuance ?

Bonjour ! A travers Nuance je fais plusieurs choses. D’abord il y a le studio, j’ai développé un studio d’enregistrement nomade dans l’idée d’ouvrir l’enregistrement vers le monde extérieur et proposer un cadre créatif et professionnel aux musiciens.
D’autre part, Nuance Records est aussi un label à travers lequel je produis plusieurs projets, il y a notamment Renarde avec qui on s’apprête à sortir début 2021 un premier EP, mais également le projet From Play to Rec qui croise série documentaire et événements musicaux.

Je t’ai rencontré il y a de nombreuses années… Avec Sozinho ! Tu as fait tes armes avec eux ?

Sozinho fait en effet partie des premières structures avec lesquelles j’ai commencé à mettre un pied dans le monde de l’événementiel à Toulouse !

Chaque mois, Nuance Records s’associe bénévolement à Opus pour nos sessions acoustiques. Qu’est-ce qui te motive à donner de ton temps et de ton expertise à ce projet ?

Je trouve ça chouette de valoriser les artistes locaux, leur offrir un objet de communication pour qu’ils puissent continuer d’exister, surtout en ce moment. Chez Opus, votre ligne éditoriale est tournée autour de la scène locale, tous niveaux confondus et vous faites ça depuis le début.
En vous soutenant dans cette démarche, je participe un peu au développement de cette scène.
D’autre part, le format des Sessions Opus me parle particulièrement parce que l’enregistrement nomade et les conditions insolites, c’est un petit défi que j’aime bien.

Ce projet est fait en acoustique : mais des projets voulant un enregistrement amplifié peuvent faire appel à toi ?

Oui tout à fait, en réalité j’enregistre beaucoup de projets de musiques amplifiées dans divers lieux. Que ce soit pour du live ou de l’enregistrement studio. La régie mobile est parfaite pour cet exercice. Ces vidéos sont tournées dans des lieux du patrimoine toulousain…

Un lieu en particulier où tu aimerais tourner ?

La Chapelle des Carmélites fait partie des lieux assez emblématiques de la ville dans lesquels j’aimerais bien faire une captation son et image.

On imagine que ces journées de tournage doivent être remplies d’anecdotes ! Tu en aurais une en particulier à nous raconter ?

C’est toujours des moments assez drôles et stimulants ces sessions. Celle pour le groupe Beach Scvm était assez inattendue. C’était dans un skatepark en pleine période de confinement et on s’est rendu compte que les activités sportives étant autorisées, le skatepark était plein…
Finalement toutes les personnes présentes ont tous été hyper cool et nous ont laissé faire notre captation dans le calme. Puis tout à coup, sorti de nul part, un mec passe en courant avec deux flics à ses trousses. Et le type est repassé à plusieurs reprises, c’était assez comique comme situation !

Les Open Studio Session : des séances d’enregistrement publiques où je recrée un espace d’enregistrement professionnel dans un lieu insolite et j’invite le public à y assister en mettant des casques à leur disposition.

On a également suivi un autre de tes projets : les sessions From Play to Rec. Tu peux nous résumer le concept et nous expliquer comment est née cette idée ?

Le projet From Play to Rec, c’est parti d’une idée de série documentaire qui retrace le parcours d’une chanson de la composition à l’enregistrement. J’avais envie de rendre compte des différentes étapes de création que traversent les musiciens et de l’évolution d’une chanson au moment de l’enregistrement. En complément de la série j’ai imaginé un dispositif où les gens seraient impliqués dans le processus d’enregistrement.
Les Open Studio Session sont des séances d’enregistrement publiques où je recrée un espace d’enregistrement professionnel dans un lieu insolite et j’invite le public à y assister en mettant des casques à leur disposition. Un mélange entre le studio et la scène…

Fin 2020 tu as sorti une vidéo avec Jell-oO. D’autres sessions From Play to Rec sont prévues ?

Oui tout à fait, la vidéo est disponible sur la chaîne Youtube du projet ! Il y a plusieurs sessions qui ont été reportées depuis la crise sanitaire et je suis actuellement en train d’en programmer de nouvelles pour 2021, en espérant qu’on puisse accueillir du public à nouveau ! Je prépare également la sortie d’un nouveau documentaire début 2021, j’ai hâte de vous partager ça !

Grâce à toi, on a découvert il y a quelque temps maintenant Heeka. Est-ce que tu as d’autres projets que tu as découvert et que tu aimerais porter à nos oreilles ?

Je suis tombé sur un duo Lyonnais que j’écoute depuis environ un an qui s’appelle Black Lilys (retrouvez notre interview des Black Lilys en 2015 juste avant leur concert en appart à Toulouse) leur approche très douce de la musique et la symbiose du duo m’a beaucoup plu.
Dans les projets toulousains, pendant le confinement je suis tombé sur une compile de 40 musiciens électros, un projet très cool et parmi eux il y a Esther, sa musique est absolument dingue. C’est assez violent au premier abord et à la fois ça te plonge dans un univers de science fiction. Bref très cool !

Question rituelle : si tu pouvais imaginer ton festival idéal, il se passe où, comment, et tu fais jouer qui ?

Ce serait cool un festival qui se déplace ! Pas juste en plusieurs lieux dans une même ville mais d’une ville à l’autre, un truc itinérant. Qui se passerait dans différents lieux de chaque ville avec des atmosphères très différentes selon les artistes. Des salles de concert, des bars, des lieux patrimoniaux. Des concerts dans des petites salles, et d’autres au casque, d’autres exclusivement en acoustique. Tout ça dans un cadre intime avec des petites jauges d’accueil de public. Il y aurait un bus avec une scène sur le toit et ça serait l’épicentre du festival. Un truc un peu perché quoi ! Et la prog mêlerait des artistes très différents autant dans le style que dans leur niveau de développement, on pourrait même imaginer que les villes échangeraient leurs artistes pour construire leur programmation… Après, impossible de lister toutes les personnes que j’aimerais faire jouer, je ne saurais pas quand m’arrêter !

Merci Jérémy, et merci de ton implication avec nous pour les sessions Opus !

Interview par Rémy